Les Bushmen du Kalahari : privés d’eau depuis huit ans

Xoroxloo Duxee est morte de déshydratation et de faim en 2005 lorsque le gouvernement a fermé la réserve et armé des gardes pour empêcher son peuple de pratiquer la chasse et la collecte et de s'approvisionner en eau.
Xoroxloo Duxee est morte de déshydratation et de faim en 2005 lorsque le gouvernement a fermé la réserve et armé des gardes pour empêcher son peuple de pratiquer la chasse et la collecte et de s'approvisionner en eau.
© Survival

Tandis que le monde entier célèbre la Journée mondiale de l’eau, les Bushmen gana et gwi de la Réserve du Kalahari central au Botswana se préparent à commémorer leur huitième anniversaire sans eau.

En 2002, le gouvernement botswanais avait démantelé le puits utilisé par les Bushmen pour les inciter à partir de la réserve. A l’issue du procès qu’ils intentèrent par la suite au gouvernement, la haute Cour botswanaise rendit en 2006 une décision qui confirmait leur droit constitutionnel à vivre dans la réserve. Malgré ce verdict, le gouvernement refuse toujours de leur rendre l’accès à leur puits, même à leurs propres frais.

Tandis que les Bushmen sont forcés de parcourir 480 km aller-retour pour s’approvisionner en eau, le gouvernement autorise l’ouverture d’un lodge de safari avec piscine dans la réserve et installe de nombreux points d’eau exclusivement destinés à la faune sauvage.

L’attitude du gouvernement botswanais vis-à-vis des Bushmen a récemment été condamnée par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes qui l’a accusé de manquer au respect « des principes fondamentaux des droits humains ». Il a également déploré que les Bushmen retournés dans la réserve soient ‘confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses dues à leur manque d’accès à l’eau’ et a exhorté le gouvernement à réinstaller le puits des Bushmen ‘de manière urgente et prioritaire’.

Depuis leur procès, de nombreux Bushmen sont retournés sur leurs terres ancestrales dans la réserve. Cependant, n’ayant pas accès à leur puits, ils endurent de graves pénuries d’eau ; une femme au moins est morte de déshydratation depuis la fermeture de ce puits. Beaucoup d’autres dépérissent dans de sinistres camps de relocalisation où ils sont livrés à l’abandon, hésitants à retourner dans la Réserve sans la garantie d’un accès régulier à l’eau.

Plus de 2 000 jours après le démantèlement de leur puits, les Bushmen intentent un nouveau procès contre le gouvernement afin de regagner leur accès à l’eau.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui « Le refus obstiné du gouvernement de rendre au Bushmen l’accès à leur puits relève d’une cruauté inhumaine. Tout ce que veulent les Bushmen c’est de pouvoir utiliser leur puits comme ils le faisaient avant d’être illégalement expulsés de leurs terres. Comment le Botswana peut-il se targuer d’être un ‘génie’ de la démocratie alors qu’il prive ses plus anciens habitants de leur droit fondamental à l’eau ?’

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, Survival a lancé la campagne de publicité “Un défi à la logique”.

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