Survival appelle au boycott du tourisme au Botswana

La piscine du nouveau lodge de Wilderness Safaris dans la Réserve du Kalahari central.
La piscine du nouveau lodge de Wilderness Safaris dans la Réserve du Kalahari central.
© Survival

L’organisation de défense des droits des peuples indigènes, Survival International, a appelé aujourd’hui les touristes à boycotter le Botswana tant que le gouvernement n’aura pas mis fin à sa violente campagne de persécution à l’encontre des Bushmen du Kalahari.

L’appel coïncide avec la Journée mondiale du tourisme, le 27 septembre, que le Botswana utilise pour promouvoir sa ‘diversité culturelle et son peuple accueillant’.

Mais le gouvernement botswanais mène une campagne depuis treize ans pour évincer les Bushmen, les premiers habitants du pays, de leurs terres ancestrales situées au cœur de la Réserve du Kalahari central. A plusieurs reprises, de nombreux Bushmen ont été expulsés pour être parqués dans de sinistres camps de relocalisation.

Malgré la victoire judiciaire des Bushmen qui confirmait leur droit de retourner chez eux, le gouvernement tente de les faire quitter la réserve en les affamant. Il leur refuse l’accès à l’eau (ils ne peuvent plus utiliser leur ancien puits qui a été démantelé) et à la nourriture (ils ne sont pas autorisés à chasser).

Les mesures du gouvernement ont été condamnées par les Nations unies – ses experts ont estimé que les Bushmen faisaient face à des ‘conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’ – et par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Et tandis que les Bushmen sont privés de nourriture et d’eau, le gouvernement fait la promotion du tourisme dans la réserve – Wilderness Safaris a ouvert un luxueux lodge touristique avec piscine – et est sur le point d’attribuer à Gem Diamonds la licence nécessaire pour exploiter une mine de diamants au cœur de l’une des communautés bushmen.

Le président botswanais Ian Khama, qui siège au conseil d’administration de l’ONG Conservation International et qui a des liens personnels étroits avec Wilderness Safaris, a qualifié le mode de vie des Bushmen de ‘fantaisie archaïque’. Andy Payne, le PDG de Wilderness Safaris, a estimé que ‘tout Bushman qui veut un verre d’eau peut en avoir un’.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il est clair que le président botswanais n’a jamais pardonné aux Bushmen d’être retournés sur leurs terres ancestrales et s’assure maintenant qu’ils sont harcelés en permanence. Pendant ce temps, il continue de sièger au conseil d’administration de Conservation International et le pays est applaudi pour ses industries de tourisme et de conservation. Les touristes doivent décider s’ils veulent réellement soutenir la destruction des chasseurs bushmen d’Afrique’.