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Parcs et peuples

La protection de la nature – une nécessité devant le déclin rapide des ressources de la planète – fait partie intégrante de la vie de nombreux peuples indigènes. Mais la protection de la nature pratiquée par des écologistes qui ignorent les droits des peuples indigènes peut se révéler catastrophique.

Les premiers écologistes

80% des régions les plus riches en biodiversité de la planète sont les territoires de communautés indigènes qui y vivent depuis des millénaires. Ce n’est pas une coïncidence. Les peuples indigènes ont toujours préservé la diversité des espèces qui les entourent en développant des modes de vie adaptés à la terre qu’ils respectent.

Nous sommes les premiers écologistesMartin Saning’o, Maasai

La création de zones de conservation a conduit à l’expulsion de plusieurs centaines de milliers d’autochtones. Ils font partie des millions de ‘réfugiés de la conservation’ du monde.

Mais il ne devrait pas en être ainsi.

L'oiseau indicateur conduit les Hadza de Tanzanie aux ruches d'abeilles sauvages perchées dans les baobabs. Sa récompense sera les restes des rayons de miel.
L'oiseau indicateur conduit les Hadza de Tanzanie aux ruches d'abeilles sauvages perchées dans les baobabs. Sa récompense sera les restes des rayons de miel.
© Kate Eshelby/Survival

De nombreux peuples indigènes se considèrent comme les gardiens de la terre qu’ils légueront à leurs enfants et à leurs petits-enfants, une approche qui est naturellement liée à la préservation de l’environnement. Les territoires indigènes couvrent une superficie cinq fois supérieure à celle des zones protégées du bassin amazonien et constituent les plus importantes barrières contre la déforestation.

Des études scientifiques fondées sur des données satellite ont montré que les territoires indigènes sont la réponse la meilleure et la plus efficace contre la déforestation et les feux de forêt.

Le territoire des Wanniyala-Aetto n’a été transformé en parc naturel que parce que nous avons toujours su le protéger’.Un chef wanniyala-aetto

Fusils et gardes forestiers

Les 100 000 parcs naturels ou zones protégées du monde couvrent 12% de la surface de la planète. Ils sont à l’origine d’environ 130 millions de réfugiés de la conservation qui ont ainsi été privés de leurs terres et de leurs moyens de subsistance.

De nombreux Wanniyala-Aetto ont été sanctionnés pour avoir chassé dans leur forêt. Certains ont même été tués.
De nombreux Wanniyala-Aetto ont été sanctionnés pour avoir chassé dans leur forêt. Certains ont même été tués.
© Survival

De nombreux peuples indigènes n’apprennent que leur terre est devenue un parc qu’au moment où les autorités chargées de la préservation de l’environnement viennent les informer qu’ils ont interdiction de chasser, de cultiver et qu’ils doivent déguerpir.

Les gardes forestiers – et leurs armes à feu – exercent un immense pouvoir sur les populations locales dont ils criminalisent le mode de vie.

Le premier parc national – un modèle pour le futur?

Si nous déclarons ne pas utiliser la terre, cela justifie la création d’un parc national. Si on constate que nous l’utilisons, cela justifie notre éviction pour la protéger en créant un parc national. Dans les deux cas, nous sommes perdants.Rebecca Adamson, Institut de développement des Premières Nations.

Le parc national de Yellowstone aux Etats-Unis a été le premier parc national au monde.

Sa création a coûté la vie à de nombreux Indiens shoshone, blackfoot et crow qui y vivaient. Depuis lors, ce modèle d’évictions forcées au nom de la conservation a été exporté à travers le monde entier, avec des impacts dévastateurs.

Un exemple frappant est celui de la ‘Forêt impénétrable de Bwindi’ en Ouganda où la vie de nombreux Pygmées batwa a été brisée depuis qu’ils ont été interdits d’accès à leur terre ancestrale.

Ngorongoro

C’est notre terre ancestrale, nous lui appartenons… Même si nous mourons de faim et souffrons, c’est ici que nous voulons vivre.Un chef maasai, Ngorongoro

Le paysage somptueux du parc de Ngorongoro en Tanzanie est l’une des zones de conservation les plus célèbres.

Cependant, peu de visiteurs savent que dans les années 1970, les expulsions qui ont eu lieu dans la moitié de cette zone – le parc national de Serengeti – ont forcé les résidents maasai et leurs troupeaux à s’entasser dans la zone de conservation de Ngorongoro.

Une femme maasai étend une couche de bouse fraîche de vache sur le toit de sa hutte. Une fois durcie, elle fournit un toit résistant à l'eau et une structure rigide.
Une femme maasai étend une couche de bouse fraîche de vache sur le toit de sa hutte. Une fois durcie, elle fournit un toit résistant à l'eau et une structure rigide.
© Adrian Arbib/Survival

Puis on a interdit aux Maasai de faire paître leurs troupeaux dans le célèbre cratère de Ngorongoro, dont les riches pâturages et les sources d’eau étaient des ressources indispensables pour les Maasai de toute la région.

Les Maasai n’ont pas été prévenus. Des paramilitaires ont tout simplement débarqué un matin et ont expulsé les familles du cratère, éparpillant leurs biens sur les bas-côtés de la route.

L’expulsion de ces gardiens naturels (et bon marchés) a entraîné un essor du braconnage et l’extinction prochaine des rhinocéros.Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE)

Le célèbre cratère est maintenant gravement détérioré. L’Unesco a menacé de le retirer de la liste du Patrimoine mondial. Au début de l’année 2010, le gouvernement a riposté en appelant à l’expulsion des milliers de Maasai qui vivent dans le cratère. Leur sort est encore incertain.

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