Une étude récente démontre que les croyances spirituelles contribuent à la préservation de la biodiversité

Des Indiens makuxi revêtent leurs costumes ‘paishara’ pour assister à une réunion sur leurs revendications territoriales, Bismark, Raposa Serra do Sol, Brésil.
Des Indiens makuxi revêtent leurs costumes ‘paishara’ pour assister à une réunion sur leurs revendications territoriales, Bismark, Raposa Serra do Sol, Brésil.
© Fiona Watson/Survival

Une étude récente publiée dans le numéro de septembre 2010 du Journal of Latin American Geography suggère que les croyances culturelles indigènes, telles que le chamanisme, contribuent à la préservation des forêts tropicales et de leur biodiversité.

Le rapport est le résultat d’un vaste corpus de données recueillies par une équipe de scientifiques aidés de chasseurs indiens wapixana et makuxi du Guyana formés à mener des enquêtes d’évaluation de la population animale.

L’équipe a parcouru une région de plus de 40 000 km2 au sud du Guyana pour recenser les zones de chasse et les zones spirituellement importantes et étudier le parcours des populations d’animaux sauvages.

Leur analyse montre que les chasseurs évitent systématiquement les sites sacrés qui constituent de ce fait des refuges potentiels d’animaux. Ils ont constaté que plus de 99 % des chasses avaient lieu à plus de 500 mètres de sites spirituellement importants.

Selon les témoignages recueillis auprès des chamanes, un système de régulation permet de contrôler ‘qui va à la chasse, pourquoi il y va, combien de temps il suit les proscriptions et comment cela influe sur son alimentation et ses pratiques de chasse’, a expliqué l’un des co-auteurs, José Fragoso, biologiste à l’université de Stanford (Californie).

‘En raison de leurs règles d’organisation sociale et culturelle, leurs prélèvements sont beaucoup moins importants qu’ils pourraient l’être’, assure Fragoso. ‘Ils ne semblent pas avoir provoqué d’extinction ou de réduction majeure des espèces’.

Selon Jeff Luzar, un autre membre de l’équipe, anthropologue à l’université de Stanford : ‘Les Wapixana et les Makuxi apparaissent comme les meilleurs gardiens de leurs ressources’.