Les Indiens du Brésil craignent un retour en arrière ‘absurde’ pour leurs droits territoriaux

La plupart des Guarani, comme la communauté de cette femme, ont été dépossédés de leurs terres au profit de l'élevage à grande échelle ou de la canne à sucre.
La plupart des Guarani, comme la communauté de cette femme, ont été dépossédés de leurs terres au profit de l'élevage à grande échelle ou de la canne à sucre.
© F. Watson/Survival

Les Indiens du Brésil ont exprimé leur mécontentement et leur consternation devant une nouvelle directive qui menace d’affaiblir leurs droits territoriaux.

La directive 303, signée par le Procureur général du Brésil, interdit l’expansion des territoires indigènes dont dépendent les Indiens pour leur survie.

Cette directive est le résultat de la pression exercée par le puissant lobby rural brésilien incluant des politiciens, dont beaucoup possèdent des ranchs dans des territoires censés être restitués aux Indiens.

Elle serait particulièrement désastreuse pour les Guarani, dont beaucoup vivent dans des campements insalubres au bord des routes ou dans des réserves surpeuplées en attendant la démarcation officielle de leur territoires ancestraux.

Un porte-parole guarani a déclaré à Survival : ‘Cette directive menace gravement notre survie… Nous ne sommes pas considérés comme des êtres humains alors que nous sommes les premiers occupants de cette terre. C’est le début de l’extermination des peuples indigènes’.

Le texte stipule également que certains projets en terres indigènes pourraient être menés ‘sans consultation des communautés indigènes’, en violation de la législation internationale et du droit brésilien. Il ouvre également la voie à de nouveaux barrages encore plus désastreux dans les territoires indigènes d’Amazonie.

Le ministère public brésilien a estimé que cette directive était ’absurde’ et ‘inconstitutionnelle’.

Des organisations indigènes brésiliennes, des ONG et Survival appellent à la révocation de la directive. La FUNAI (le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien) a demandé au bureau du procureur général de la suspendre afin de permettre aux peuples indigènes d’être consultés au sujet de son contenu.