Suicide de deux Amérindiens en Guyane

Kumalé Pleike assis à côté du Gran Man Amaïpoti siégeait au conseil dadministration du parc amazonien où il représentait les instances coutumières. Il sest donné la mort en 2008.
Kumalé Pleike assis à côté du Gran Man Amaïpoti siégeait au conseil dadministration du parc amazonien où il représentait les instances coutumières. Il sest donné la mort en 2008.
© Blada

Deux Amérindiens se sont suicidé début janvier en Guyane : un jeune Apalaï de 18 ans du village d’Antecum Pata dans le haut Maroni et un Wayãpi de Camopi âgé de 30 ans alors qu’il se trouvait à la gendarmerie, en cellule de dégrisement. En décembre, un jeune Wayãpi de Camopi âgé de 15 ans s’était donné la mort.

Depuis plusieurs années, la région sud-amazonienne de Guyane est confrontée à l’invasion massive d’orpailleurs clandestins qui détruisent l’environnement polluent les rivières, pillent les ressources naturelles des Amérindiens. Cette présence illégale a des conséquences dramatiques sur les Amérindiens – conflits, prostitution, alcoolisme, drogues, suicide, dont le taux parmi les jeunes Amérindiens est aujourd’hui 10 à 20 fois plus élevé qu’en métropole.

Brigitte Wyngaarde, porte parole du Collectif de soutien aux Amérindiens du Haut Maroni, qui dénonce depuis près d’une décennie le désarroi de la jeunesse amérindienne, avait déclaré à propos du suicide de Kumale Pleike : ‘Cette mort a ses raisons particulières. Il me semble cependant qu’elle illustre bien le caractère dérisoire d’un projet (le Parc amazonien) qui prétendait associer les communautés à l’administration du territoire, mais qui n’a jamais voulu prendre la mesure de la tragédie qui se déroule, depuis plus de vingt ans, dans le grand sud de notre département’.

A la demande des Amérindiens de Guyane, Survival appelle à l’interdiction immédiate de toute forme d’exploitation de l’or sur les terres amérindiennes et à l’expulsion des orpailleurs illégaux.