Vingt et une choses que vous ignorez peut-être sur la protection de la nature

 
Nous menons la lutte contre les abus commis au nom de la protection de la nature, pour les peuples autochtones, pour la nature, pour toute l’humanité.

Neuf choses qu’ils vous cachent sur la protection de la nature

1. Le mouvement de création des parcs naturels est né au XIXe siècle aux Etats-Unis, quand de riches chasseurs de trophées voulurent empêcher « leurs » proies d’être chassées par les peuples autochtones et les chasseurs pauvres qui vivaient du produit de leur chasse.

2. La plupart des premiers défenseurs de la nature soutenaient les idées eugénistes et racistes dont ils appliquèrent les principes à la nouvelle « gestion du gibier ».

3. La « nature sauvage » est une invention. En réalité, les humains (y compris les chasseurs) façonnent et gèrent l’environnement depuis des milliers d’années. La science ne s’intéresse à ce sujet que depuis peu.

4. La création d’une « aire protégée » est généralement une spoliation de terres. Pour certains peuples autochtones, il s’agit de la plus grande menace.

5. Le modèle du parc national, inventé aux Etats-Unis (« la meilleure idée américaine »), a été exportée dans le monde entier. Encore aujourd’hui, il implique l’expulsion illégale de peuples autochtones de leurs terres ancestrales au nom de la protection de la nature. En général, cela les anéantit. Le paysage est ensuite modifié pour s’adapter aux touristes ; les autochtones sont gardés à l’écart.

6. Ce modèle n’est pas bon pour l’environnement. En expulsant les humains, on met fin aux activités qui ont créé l’écosystème (par exemple le brûlage contrôlé ou le pastoralisme).

7. Violer les droits des peuples locaux en fait des ennemis de la protection de l’environnement. C’est une garantie d’échec pour les aires protégées. Les pratiques actuelles finiront par détruire l’environnement.

8. De nombreux défenseurs de la nature s’opposent aux peuples autochtones. Certaines des personnalités les plus éminentes du mouvement souhaitent que la population mondiale diminue de 70 % et sont opposées à l’immigration, surtout en provenance des pays les plus pauvres (où la consommation par habitant est bien inférieure à celle des Américains).

9. Il existe deux modèles de protection de la nature : en Afrique et en Asie, les populations sont expulsées, tandis qu’en Europe les les parcs nationaux sont habités par des personnes qui en façonnent l’environnement. Le premier modèle a été développé à l’époque des guerres indiennes aux Etats-Unis. Il oppose l’« Homme pécheur » à la « Nature divine » et puise ses racines dans le protestantisme américain du XIXe siècle.

Cinq choses qu’ils vous cachent sur le braconnage

1. Les populations démunies, ou autochtones, sont accusées de « braconnage » parce qu’elles chassent pour nourrir leurs familles (ou vont parfois simplement ramasser du bois) sur des terres qui leur appartenaient autrefois. Elles sont souvent peu armées, ou non armées, mais sont traitées de la même façon que les gangs de braconniers professionnels.

2. Les membres des communautés autochtones risquent d’être arrêtés, frappés, torturés et tués par des gardes soutenus par les grandes organisations de protection de la nature. Pendant ce temps, la chasse aux trophées de gros gibier est encouragée.

3. Les gardes des parcs tirent à vue sur les autochtones. Certains ont une immunité automatique pour les délits par armes à feu et recevraient des primes lorsqu’ils tuent des « braconniers ». Les exécutions sommaires sont encouragées. De fausses preuves sont parfois placées sur les corps.

4. Or cibler les chasseurs autochtones dévie l’attention de la lutte contre les véritables braconniers – des criminels qui complotent avec des fonctionnaires corrompus (y compris ceux soutenus par l’argent des conservationnistes). Se tromper ainsi de cible en visant les chasseurs autochtones nuit à la protection de la nature.

5. Contrairement à ce que prétend la propagande conservationniste, il est très improbable que le braconnage finance significativement le terrorisme. Encore une fois, il s’agit d’une mauvaise cible. Cela détourne l’attention de la lutte contre les véritables braconniers – des criminels qui complotent avec des fonctionnaires corrompus.

Quatre choses qu’ils vous cachent sur les réserves de tigres en Inde

1. C’est la chasse massive pratiquée par les élites britanniques et indiennes à l’époque coloniale qui a mené le tigre au bord de l’extinction. Ce fait a été largement supprimé du discours conservationniste.

2. Ce n’est pas un hasard si les tigres se trouvent sur les terres ancestrales des peuples autochtones : souvent, ces peuples vénèrent les tigres et cohabitent avec eux depuis des générations. Pourtant, partout en Inde, des peuples autochtones sont illégalement expulsés des réserves de tigres. Ça les anéantit et ne sauve pas les tigres pour autant.

3. Les grandes organisations de protection de la nature sont coupables de soutenir ces expulsions. Elles appellent ça des « réinstallations volontaires » et prétendent que les communautés autochtones renoncent à leurs terres de leur plein gré. En réalité, elles y sont forcées.

4. Qu’est-il arrivé dans la réserve dans laquelle les populations autochtones se sont battues avec succès et ont pu rester ? Le nombre de tigres a augmenté.

Trois choses que le WWF vous cache

1. Des représentants de certaines des sociétés les plus néfastes pour l’environnement (mines, pétrole, etc.) siègent au conseil d’administration du WWF.

2. Le WWF collabore au dépècement de territoires autochtones par des entreprises à but commercial. Il crée ensuite des « partenariats » avec des sociétés d’exploitation forestière qui mènent leurs activités destructrices à l’intérieur de « zones protégées ».

3. La « chasse aux trophées » – par de riches chasseurs blancs – fait partie de ce modèle de « conservation » ; les populations autochtones n’ont quant à elles pas le droit de chasser pour nourrir leurs familles. Parmi les représentants du WWF, on trouve aussi des « chasseurs de trophée », qui abattent notamment des espèces menacées.

Trois conclusions qu’ils ne veulent pas que vous tiriez…

1. Il est prouvé que les peuples autochtones savent, mieux que quiconque, prendre soin de leur environnement. Ils sont les meilleurs défenseurs de l’environnement et gardiens du monde naturel. Leur présence garantit la biodiversité ; ils savent localiser les vrais braconniers ; ils éloignent les bûcherons. Ils devraient être à la tête du mouvement de protection de la nature. Protéger les terres des peuples autochtones serait de loin la façon la moins chère et la plus efficace de protéger l’environnement.

2. Les grandes organisations de conservation ne dénoncent pas les expulsions de communautés autochtones. En coopérant avec les gouvernements, l’industrie et le secteur touristique, elles anéantissent les meilleurs alliés de l’environnement. Quand elles sont critiquées, plutôt que d’appliquer les droits de l’homme et le droit international, elles répondent par des menaces, des démentis, des manœuvres de dissimulation et des campagnes de relations publiques pour sauver les apparences. Aucun autre secteur d’activité ne pourrait agir avec une telle impunité.

3. Elles prétendent que ce n’est pas en leur pouvoir d’améliorer la situation, que c’est très compliqué. Mais c’est une mauvaise excuse : elles ont une énorme influence, des ressources immenses et contrôlent de vastes territoires.


C’est une escroquerie qui nuit à la nature.

Avec le soutien de certains défenseurs de l’environnement et en partenariat avec de nombreux peuples autochtones, Survival combat ces abus :
Pour les peuples autochtones, pour la nature, pour toute l’humanité.

Deux choses que vous pouvez faire
(surtout si vous vous souciez de l’avenir)…

1. Dites aux gens ce qui se passe… surtout si vous visitez des parcs desquels des peuples autochtones ont été expulsés. Ayez conscience que vous soutenez ce modèle. (Par conséquent, abordez au moins le sujet avec les gardes des parcs, les fonctionnaires, les tour-opérateurs, etc.)

2. Aidez-nous à améliorer la protection de la nature. Cette tâche est trop importante pour être confiée aux grandes organisations.