Indonésie : un événement historique renforce l'alliance mondiale pour la protection des droits des peuples autochtones non contactés

3 Mars 2026

© SIRGE Coalition

Des leaders et organisations autochtones d'Amérique du Sud, d'Asie et du Pacifique se sont réunis à Jakarta, en Indonésie, dans le but de renforcer l'alliance mondiale pour la protection des droits des peuples non contactés et de rédiger une déclaration de soutien.

La Déclaration de Jakarta appelle les gouvernements et les autres acteurs concernés à protéger les terres et les droits des peuples vivant en isolement volontaire à travers le monde. AMAN (Aliansi Masyarakat Adat Nusantara), la plus grande organisation autochtone d'Indonésie, a collaboré avec SIRGE Coalition, Survival International, IWGIA, GTI PIACI (avec des représentants de COIAB, d'AIDESEP, d'OPIAC et d'autres organisations), EARTHWORKS et le Tallgrass Institute pour rédiger et signer cette déclaration.

Cette rencontre, désignée comme le “premier rassemblement international d'échange de savoirs autochtones et de solidarité sur l'exploitation minière du nickel, la défense du territoire et les peuples autochtones en situation d'isolement”, s'est déroulée du 26 au 29 janvier.

Les discussions ont principalement porté sur la résistance à l'exploitation minière du nickel sur ces trois continents, qui menace particulièrement les peuples non contactés d'Indonésie, tels que les Hongana Manyawa, dont les terres sont détruites par la plus grande mine de nickel au monde, exploitée par Weda Bay Nickel.

Ngigoro, un homme du peuple hongana manyawa, a dénoncé l'exploitation du nickel sur les terres de son peuple et a souligné l'importance de cet événement : « C'est une formidable occasion de rencontrer d'autres peuples autochtones du monde entier et de pouvoir raconter mon histoire, celle d'une époque où je n'avais encore aucun contact avec le monde extérieur. Cela a aidé les autres à mieux comprendre les Hongana Manyawa. »

© Germán Mejía
De gauche à droite, Abel Márquez, d'OPIAC (Colombie), Julio Cusurichi, d'AIDESEP (Pérou), et Ngigoro Hongana Manyawa (Indonésie) se sont réunis à Jakarta.

À l'issue de l'événement a été présentée la Déclaration de Jakarta ; dans ce document, 28 organisations ont formulé des recommandations essentielles à l'intention des gouvernements, des entreprises et d'autres acteurs en vue de protéger la vie, les territoires et les droits des peuples autochtones non contactés à travers le monde.

Sophie Grig, chargée de recherche et plaidoyer à Survival International, a déclaré : « Cette déclaration historique symbolise la manière dont les peuples autochtones du monde entier s’unissent pour réclamer la protection de leurs frères et sœurs non contactés. Elle affirme que les industries extractives, telles que l’exploitation forestière et minière, doivent être interdites sur les terres des peuples autochtones non contactés, car ceux-ci ne peuvent donner leur consentement libre, préalable et éclairé à de tels projets.

« La déclaration demande également que toute autre initiative cherchant à exploiter ces peuples soit également interdite, qu'il s'agisse de missionnaires, de touristes aventuriers ou d'influenceurs. Les peuples non contactés ont le droit d'exister et ne peuvent le faire que si leurs territoires sont reconnus et protégés : c'est aussi simple que cela. »

© SIRGE Coalition
Première rencontre internationale pour l'échange de savoirs autochtones, la solidarité autour de l'exploitation minière du nickel, et pour la défense des territoires et des droits des peuples autochtones non contactés.

Parmi d'autres recommandations fondamentales, la déclaration stipule : « Reconnaître, respecter et protéger l'existence des peuples autochtones, en particulier des peuples autochtones vivant en situation d'isolement volontaire, en tant que propriétaires légitimes de leurs territoires autochtones, de leurs ressources naturelles et de leurs savoirs, et jouissant du plein droit de déterminer leurs propres modes de vie. »

Peuples non contactés du Pérou

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