Des forêts luxuriantes d’Amazonie aux confins glacés de la toundra arctique, les enfants élevés dans les communautés autochtones acquièrent les connaissances et les valeurs nécessaires à leur survie.

En Malaisie, les enfants penan aident à construire la maison à l’aide de jeunes arbres et de feuilles de palmier géantes ; sous la surface azurée de la mer Andaman, les enfants moken apprennent à attraper les dugongs, les crabes et les concombres de mer à l'aide de longs harpons ; en Mongolie, on enseigne aux enfants tsaatan l'art de maîtriser les troupeaux de rennes et de les conduire dans leurs enclos.

Les enfants autochtones sont les héritiers de leurs territoires, de leurs langues et de manières uniques de voir le monde, ils sont les dépositaires du savoir de leurs ancêtres. Habituellement élevés dans des communautés où la solidarité du groupe est nécessaire à sa survie, ils y apprennent que la vie est tournée vers le 'nous' et non le 'je' et vers une relation harmonieuse avec la nature et non vers sa destruction. 

Cependant, durant les dernières décennies, beaucoup d’enfants autochtones ont été témoins – et ont vécu – la dépossession, les maladies et le désespoir causés par la spoliation des terres, l’assimilation forcée à la société dominante et le développement. Si leurs terres continuent d’être menacées par des forces extérieures destructrices et si l’on n’accorde pas plus de respect à leurs valeurs et à leurs modes de vie, l'avenir des enfants autochtones sera aussi incertain que leur enfance a été traumatisante.

_Nous ne sommes pas ici pour nous-mêmes,_ a dit Roy Sesana, un Bushman gana du Botswana. _Nous sommes ici pour nos enfants, et pour les enfants de nos enfants._

En Malaisie, les enfants penan aident à construire la maison à l’aide de jeunes arbres et de feuilles de palmier géantes ; sous la surface azurée de la mer Andaman, les enfants moken apprennent à attraper les dugongs, les crabes et les concombres de mer à l’aide de longs harpons ; en Mongolie, on enseigne aux enfants tsaatan l’art de maîtriser les troupeaux de rennes et de les conduire dans leurs enclos.

Les enfants autochtones sont les héritiers de leurs territoires, de leurs langues et de manières uniques de voir le monde, ils sont les dépositaires du savoir de leurs ancêtres. Habituellement élevés dans des communautés où la solidarité du groupe est nécessaire à sa survie, ils y apprennent que la vie est tournée vers le ‘nous’ et non le ‘je’ et vers une relation harmonieuse avec la nature et non vers sa destruction.

Cependant, durant les dernières décennies, beaucoup d’enfants autochtones ont été témoins – et ont vécu – la dépossession, les maladies et le désespoir causés par la spoliation des terres, l’assimilation forcée à la société dominante et le développement. Si leurs terres continuent d’être menacées par des forces extérieures destructrices et si l’on n’accorde pas plus de respect à leurs valeurs et à leurs modes de vie, l’avenir des enfants autochtones sera aussi incertain que leur enfance a été traumatisante.

Nous ne sommes pas ici pour nous-mêmes, a dit Roy Sesana, un Bushman gana du Botswana. Nous sommes ici pour nos enfants, et pour les enfants de nos enfants.

© Livia Monami/Survival

_J’ai grandi comme un chasseur,_ dit Roy Sesana.  _Je ne sais pas lire. Mais je sais lire la terre et les animaux. Tous nos enfants en sont capables._ 

Les Bushmen sont les premiers habitants de l’Afrique du Sud. Pendant des milliers d’années, ils ont développé des techniques de chasse qui leur ont permis de répondre aux besoins de la communauté sans détruire l’environnement.

Les enfants s'entraînaient à la chasse avec des arcs et des flèches taillés à leur mesure et on leur apprenait à tirer sur des rats, des petits oiseaux et des lièvres ou à fabriquer des couvertures en peau de gazelle. Les petites filles à peine âgées de cinq ans aidaient leurs mères à cueillir des plantes, des baies et des tubercules. Les enfants apprenaient à être à la fois courageux et humbles et on leur enseignait que la générosité devait être admirée et l’égoïsme rejeté. 

Aujourd’hui cependant, depuis les expulsions forcées de leurs terrains de chasse au sein de la réserve du Kalahari central (CKGR), beaucoup d'enfants bushmen vivent dans des camps sordides, que leurs parents nomment 'lieux de mort', où le SIDA est répandu et où la privation de la chasse et des rituels ancestraux entraîne dépression et alcoolisme. _Nous nous sentons comme des ordures que l’on aurait jetées à la poubelle_, déplore un Bushman.

Tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à retourner librement sur leurs terres ancestrales, leurs enfants ne pourront hériter des modes de vie uniques de leurs parents et grands-parents, ils ne vivront que dépendance, désespoir et mauvaise santé. Une avancée significative avec la réouverture du puits du Mothomelo, fermé depuis 2002, a récemment permis leur retour dans la réserve.

(Photo : enfants bushmen)

J’ai grandi comme un chasseur, dit Roy Sesana. Je ne sais pas lire. Mais je sais lire la terre et les animaux. Tous nos enfants en sont capables.

Les Bushmen sont les premiers habitants de l’Afrique du Sud. Pendant des milliers d’années, ils ont développé des techniques de chasse qui leur ont permis de répondre aux besoins de la communauté sans détruire l’environnement.

Les enfants s’entraînaient à la chasse avec des arcs et des flèches taillés à leur mesure et on leur apprenait à tirer sur des rats, des petits oiseaux et des lièvres ou à fabriquer des couvertures en peau de gazelle. Les petites filles à peine âgées de cinq ans aidaient leurs mères à cueillir des plantes, des baies et des tubercules. Les enfants apprenaient à être à la fois courageux et humbles et on leur enseignait que la générosité devait être admirée et l’égoïsme rejeté.

Aujourd’hui cependant, depuis les expulsions forcées de leurs terrains de chasse au sein de la réserve du Kalahari central (CKGR), beaucoup d’enfants bushmen vivent dans des camps sordides, que leurs parents nomment ‘lieux de mort’, où le SIDA est répandu et où la privation de la chasse et des rituels ancestraux entraîne dépression et alcoolisme. Nous nous sentons comme des ordures que l’on aurait jetées à la poubelle, déplore un Bushman.

Tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à retourner librement sur leurs terres ancestrales, leurs enfants ne pourront hériter des modes de vie uniques de leurs parents et grands-parents, ils ne vivront que dépendance, désespoir et mauvaise santé. Une avancée significative avec la réouverture du puits du Mothomelo, fermé depuis 2002, a récemment permis leur retour dans la réserve.

(Photo : enfants bushmen)

© Lottie Davies/Survival

Les Moken sont un peuple austronésien semi-nomade qui vit dans l’archipel de Mergui dans la mer Andaman.

Comme les autres enfants autochtones, les jeunes Moken ont appris à 'lire' la nature à travers l’expérience et l’observation. Ils ont développé une habilité unique à voir sous l’eau et utilisent leurs aptitudes visuelles en plongeant pour pêcher sur le sol marin. Les Moken naissent, vivent et meurent sur leurs bateaux et, comme le raconte un mythe ancien, le cordon ombilical de leurs enfants est raccordé à la mer. Il est vrai que les enfants moken apprennent à nager bien avant de savoir marcher.

Le nombre de Moken encore semi-nomades a diminué ces dernières années suite à des réglementations politiques et post-tsunami, à des entreprises qui explorent le pétrole en mer et aux gouvernements qui s’emparent de leurs terres au profit du tourisme et de la pêche industrielle. Beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que de s’installer dans des villages sur la terre ferme. Ainsi, la perte de leur mode de vie rend de plus en plus difficile aux adultes la transmission des rituels et des savoir-faire ancestraux.

_Cette génération ne sait plus comment construire des bateaux_, raconte Hook Suriyan Katale, un Moken des îles Surin, en parlant du 'Kabang', le bateau en bois des Moken. _Aujourd’hui, il ne reste plus que trois ou quatre personnes qui connaissent notre ancien savoir-faire_.

(Photo : enfants moken dans les îles Surin, Thaïlande).

Les Moken sont un peuple austronésien semi-nomade qui vit dans l’archipel de Mergui dans la mer Andaman.

Comme les autres enfants autochtones, les jeunes Moken ont appris à ‘lire’ la nature à travers l’expérience et l’observation. Ils ont développé une habilité unique à voir sous l’eau et utilisent leurs aptitudes visuelles en plongeant pour pêcher sur le sol marin. Les Moken naissent, vivent et meurent sur leurs bateaux et, comme le raconte un mythe ancien, le cordon ombilical de leurs enfants est raccordé à la mer. Il est vrai que les enfants moken apprennent à nager bien avant de savoir marcher.

Le nombre de Moken encore semi-nomades a diminué ces dernières années suite à des réglementations politiques et post-tsunami, à des entreprises qui explorent le pétrole en mer et aux gouvernements qui s’emparent de leurs terres au profit du tourisme et de la pêche industrielle. Beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que de s’installer dans des villages sur la terre ferme. Ainsi, la perte de leur mode de vie rend de plus en plus difficile aux adultes la transmission des rituels et des savoir-faire ancestraux.

Cette génération ne sait plus comment construire des bateaux, raconte Hook Suriyan Katale, un Moken des îles Surin, en parlant du ‘Kabang’, le bateau en bois des Moken. Aujourd’hui, il ne reste plus que trois ou quatre personnes qui connaissent notre ancien savoir-faire.

(Photo : enfants moken dans les îles Surin, Thaïlande).

© Andrew Testa / www.andrewtesta.co.uk

Sous un ciel de plomb, parmi les herbes et les arbres épineux de la vallée de l'Omo en Ethiopie, un garçon de la tribu bodi conduit sa chèvre.

Les tribus qui vivent le long des rives du bas-Omo ont développé des pratiques agricoles étroitement adaptées aux cycles de crues de la rivière, grâce à l'utilisation du limon fertile déposé le long des berges par les eaux qui se retirent et qui permet de cultiver plusieurs types de plantes comestibles. Les garçons s'occupent du bétail dès leur plus jeune âge – les enfants bodi apprennent des poèmes qu’ils chantent à leurs vaches favorites – et les filles aident à cultiver des aliments de base comme le sorgho, le maïs et le potiron. 

Cette source de vie qu'est la rivière est maintenant menacée par des projets de développement mis en place par le gouvernement, dont le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique qui privera les tribus des crues annuelles nécessaires à leurs cultures.

_Les gens ont faim_, a dit un Mursi. _Les enfants ne chantent plus aujourd’hui. Ils restent silencieux_. 

(Photo : garçon bodi, Ethiopie).

Sous un ciel de plomb, parmi les herbes et les arbres épineux de la vallée de l’Omo en Ethiopie, un garçon de la tribu bodi conduit sa chèvre.

Les tribus qui vivent le long des rives du bas-Omo ont développé des pratiques agricoles étroitement adaptées aux cycles de crues de la rivière, grâce à l’utilisation du limon fertile déposé le long des berges par les eaux qui se retirent et qui permet de cultiver plusieurs types de plantes comestibles. Les garçons s’occupent du bétail dès leur plus jeune âge – les enfants bodi apprennent des poèmes qu’ils chantent à leurs vaches favorites – et les filles aident à cultiver des aliments de base comme le sorgho, le maïs et le potiron.

Cette source de vie qu’est la rivière est maintenant menacée par des projets de développement mis en place par le gouvernement, dont le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique qui privera les tribus des crues annuelles nécessaires à leurs cultures.

Les gens ont faim, a dit un Mursi. Les enfants ne chantent plus aujourd’hui. Ils restent silencieux.

(Photo : garçon bodi, Ethiopie).

© J

_A cette époque ma mère m’emmenait toujours avec elle dans la forêt,_ racontait Davi Kopenawa, porte parole des Yanomami du Brésil.  _Nous y cherchions des crabes, du poisson ou nous y cueillions des fruits sauvages. C’est ainsi que j’ai grandi dans la forêt._

Les garçons yanomami apprennent à 'lire' les traces des animaux, à utiliser la sève de certains arbres pour confectionner du poison de pêche à la nivrée et à grimper aux arbres les pieds liés avec des lianes ; les jeunes filles aident leurs mères à cultiver les jardins et récolter le manioc, à porter l’eau de la rivière et à cuisiner dans le 'yano' communautaire. On enseigne aux enfants que partager est un principe primordial de la vie sociale et que toute décision concernant la communauté doit recueillir un large consensus.

Aujourd’hui, des centaines de chercheurs d’or travaillent illégalement sur le territoire yanomami, transmettent le paludisme et polluent les rivières et les forêts au mercure. Davi Kopenawa se bat pour les droits de son peuple ; son souhait est que les enfants yanomami grandissent en étant épargnés des maladies transmises par les étrangers dans une forêt sans pollution industrielle.

_Je veux qu’ils puissent voir les étoiles, mais pas à travers la fumée, dit-il. Je veux qu’ils puissent boire l’eau du ruisseau sans tomber malades et qu’ils se réveillent avec le chant de l’oiseau piha, au lieu des pompes des orpailleurs._

(Photo : enfant yanomami, Brésil).

A cette époque ma mère m’emmenait toujours avec elle dans la forêt, racontait Davi Kopenawa, porte parole des Yanomami du Brésil. Nous y cherchions des crabes, du poisson ou nous y cueillions des fruits sauvages. C’est ainsi que j’ai grandi dans la forêt.

Les garçons yanomami apprennent à ‘lire’ les traces des animaux, à utiliser la sève de certains arbres pour confectionner du poison de pêche à la nivrée et à grimper aux arbres les pieds liés avec des lianes ; les jeunes filles aident leurs mères à cultiver les jardins et récolter le manioc, à porter l’eau de la rivière et à cuisiner dans le ‘yano’ communautaire. On enseigne aux enfants que partager est un principe primordial de la vie sociale et que toute décision concernant la communauté doit recueillir un large consensus.

Aujourd’hui, des centaines de chercheurs d’or travaillent illégalement sur le territoire yanomami, transmettent le paludisme et polluent les rivières et les forêts au mercure. Davi Kopenawa se bat pour les droits de son peuple ; son souhait est que les enfants yanomami grandissent en étant épargnés des maladies transmises par les étrangers dans une forêt sans pollution industrielle.

Je veux qu’ils puissent voir les étoiles, mais pas à travers la fumée, dit-il. Je veux qu’ils puissent boire l’eau du ruisseau sans tomber malades et qu’ils se réveillent avec le chant de l’oiseau piha, au lieu des pompes des orpailleurs.

(Photo : enfant yanomami, Brésil).

© Claudia Andujar/Survival

Les Penan vivent dans la forêt tropicale du Sarawak à Bornéo, l’une des plus riche en biodiversité de la planète.

Les Penan ont longtemps vécu en harmonie avec leur forêt et ses orchidées rares, ses rivières au courant rapide et ses réseaux tortueux de grottes de calcaire. _Nous sommes nés pour vivre dans la forêt_, disent-ils. Elle est leur refuge, leur histoire, leur supermarché et leur pharmacie.

Cependant depuis les années 1970, leurs terres ancestrales sont rasées au bulldozer et brûlées au nom de la déforestation à grande échelle, des plantations de palmiers à huile, des gazoducs et des barrages hydroélectriques. Les vallées abruptes, qui jadis retentissaient du chant des oiseaux et des cigales, résonnent aujourd'hui du tumulte des camions et des arbres qui tombent. Les forêts sont décimées à un rythme deux fois plus important que celui de la forêt amazonienne. 

Les conséquences pour les Penan sont catastrophiques. Jusqu’aux années 1960, ils vivaient principalement comme des nomades, changeant souvent de campement à la recherche de sangliers, d’arbres à fruits sauvages et de sagoutiers. Aujourd’hui, la plupart des Penan (ils sont environ 10 000) sont installés dans des villages riverains où malnutrition, maladie et illettrisme sont largement répandus. 

Si le gouvernement malaisien ne met pas fin au développement imposé sur le territoire des Penan, l'avenir de leurs enfants est dangereusement compromis.

(La photo : jeunes filles penan, Sarawak, Malaisie).

Les Penan vivent dans la forêt tropicale du Sarawak à Bornéo, l’une des plus riche en biodiversité de la planète.

Les Penan ont longtemps vécu en harmonie avec leur forêt et ses orchidées rares, ses rivières au courant rapide et ses réseaux tortueux de grottes de calcaire. Nous sommes nés pour vivre dans la forêt, disent-ils. Elle est leur refuge, leur histoire, leur supermarché et leur pharmacie.

Cependant depuis les années 1970, leurs terres ancestrales sont rasées au bulldozer et brûlées au nom de la déforestation à grande échelle, des plantations de palmiers à huile, des gazoducs et des barrages hydroélectriques. Les vallées abruptes, qui jadis retentissaient du chant des oiseaux et des cigales, résonnent aujourd’hui du tumulte des camions et des arbres qui tombent. Les forêts sont décimées à un rythme deux fois plus important que celui de la forêt amazonienne.

Les conséquences pour les Penan sont catastrophiques. Jusqu’aux années 1960, ils vivaient principalement comme des nomades, changeant souvent de campement à la recherche de sangliers, d’arbres à fruits sauvages et de sagoutiers. Aujourd’hui, la plupart des Penan (ils sont environ 10 000) sont installés dans des villages riverains où malnutrition, maladie et illettrisme sont largement répandus.

Si le gouvernement malaisien ne met pas fin au développement imposé sur le territoire des Penan, l’avenir de leurs enfants est dangereusement compromis.

(La photo : jeunes filles penan, Sarawak, Malaisie).

© Andy Rain/Survival

Pour les Guarani du Brésil, la terre est un précieux cadeau du Créateur. 

Aujourd’hui, toutefois, la déforestation massive du Mato Grosso do Sul, au sud du Brésil, a transformé leur territoire ancestral en une zone aride, sans aucun arbre, où abondent les fermes d'élevage, les champs de soja et les plantations de canne à sucre.

Un grand nombre de Guarani vit aujourd’hui dans des conditions déplorables dans des réserves surpeuplées ou dans des campements improvisés au bord des routes. Ils ont perdu la plus grande partie de leurs forêts au cours du siècle dernier et leurs enfants souffrent de malnutrition parce qu'ils n'ont plus que très peu de terre à cultiver. En 2008, un rapport a révélé que 80 enfants guarani étaient morts des suites de malnutrition durant les cinq dernières années.

_Beaucoup d’enfants souffrent_, déplore un agent de santé guarani. _Je veux que nos enfants redeviennent comme avant, quand tout allait bien_. L’amélioration des conditions de vie des Guarani commence par la décision du gouvernement brésilien de mettre fin à la destruction systématique des territoires indiens.

(Photo : enfants guarani, Brésil)

Pour les Guarani du Brésil, la terre est un précieux cadeau du Créateur.

Aujourd’hui, toutefois, la déforestation massive du Mato Grosso do Sul, au sud du Brésil, a transformé leur territoire ancestral en une zone aride, sans aucun arbre, où abondent les fermes d’élevage, les champs de soja et les plantations de canne à sucre.

Un grand nombre de Guarani vit aujourd’hui dans des conditions déplorables dans des réserves surpeuplées ou dans des campements improvisés au bord des routes. Ils ont perdu la plus grande partie de leurs forêts au cours du siècle dernier et leurs enfants souffrent de malnutrition parce qu’ils n’ont plus que très peu de terre à cultiver. En 2008, un rapport a révélé que 80 enfants guarani étaient morts des suites de malnutrition durant les cinq dernières années.

Beaucoup d’enfants souffrent, déplore un agent de santé guarani. Je veux que nos enfants redeviennent comme avant, quand tout allait bien. L’amélioration des conditions de vie des Guarani commence par la décision du gouvernement brésilien de mettre fin à la destruction systématique des territoires indiens.

(Photo : enfants guarani, Brésil)

© João Ripper/Survival

Ils marchent la nuit dans la forêt amazonienne en s'éclairant avec des torches de résine. Ils sont des Awá, l'un des deux derniers peuples de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil.

Aujourd’hui, les Awá sont de plus en plus menacés par les bûcherons, les colons et les éleveurs de bétail. Les images satellite montrent que plus de 30% de la forêt de l’un de leurs territoires a été détruite.

La destruction de leurs terres menace gravement la vie de leurs enfants car les Awá dépendent encore de la forêt pour chaque aspect de la vie — nourriture, habitat et bien-être spirituel. _Les bûcherons abattent les arbres et tout le gibier s’enfuit_, raconte un Awá. _Sans la forêt, nous ne sommes rien et n’avons aucun moyen de survivre_.

(Photo : enfant awá-guajá avec un singe, Brésil).

Ils marchent la nuit dans la forêt amazonienne en s’éclairant avec des torches de résine. Ils sont des Awá, l’un des deux derniers peuples de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil.

Aujourd’hui, les Awá sont de plus en plus menacés par les bûcherons, les colons et les éleveurs de bétail. Les images satellite montrent que plus de 30% de la forêt de l’un de leurs territoires a été détruite.

La destruction de leurs terres menace gravement la vie de leurs enfants car les Awá dépendent encore de la forêt pour chaque aspect de la vie — nourriture, habitat et bien-être spirituel. Les bûcherons abattent les arbres et tout le gibier s’enfuit, raconte un Awá. Sans la forêt, nous ne sommes rien et n’avons aucun moyen de survivre.

(Photo : enfant awá-guajá avec un singe, Brésil).

© Domenico Pugliese

Le nord-est du Canada est une étendue subarctique de toundra, de lacs et de forêts. Les Innu vivaient ici jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle et, en tant que chasseurs nomades, ils dépendaient exclusivement des hordes de caribous qui migrent à travers leur territoire au printemps et à l'automne.

Cependant, durant les années 1950 et 1960, les Innu ont subi des pressions du gouvernement canadien et de l’Eglise catholique pour s'installer dans des villages sédentaires. La dépossession de leur territoire qu’ils appellent Nitassinan a engendré chômage, problèmes chroniques de santé comme le diabète et des niveaux record de suicides et d'addiction à la drogue parmi les enfants innu.

Lorsqu’on leur demande de décrire comment on grandit dans ces villages, les jeunes Innu répondent invariablement : _Cela nous rend honteux d’être Innu_.

(Photo : enfants innu, Davis Inlet, Canada).

Le nord-est du Canada est une étendue subarctique de toundra, de lacs et de forêts. Les Innu vivaient ici jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle et, en tant que chasseurs nomades, ils dépendaient exclusivement des hordes de caribous qui migrent à travers leur territoire au printemps et à l’automne.

Cependant, durant les années 1950 et 1960, les Innu ont subi des pressions du gouvernement canadien et de l’Eglise catholique pour s’installer dans des villages sédentaires. La dépossession de leur territoire qu’ils appellent Nitassinan a engendré chômage, problèmes chroniques de santé comme le diabète et des niveaux record de suicides et d’addiction à la drogue parmi les enfants innu.

Lorsqu’on leur demande de décrire comment on grandit dans ces villages, les jeunes Innu répondent invariablement : Cela nous rend honteux d’être Innu.

(Photo : enfants innu, Davis Inlet, Canada).

© Dominick Tyler

Etre Dongria Kondh signifie vivre dans les collines de Niyamgiri dans l’Etat d’Orissa en Inde. Etre la compagnie britannique Vedanta Resources signifie convoiter un gisement de 2 milliards de dollars de bauxite qui repose sous la montagne que les Dongria vénèrent comme un dieu.

Niyamgiri a toujours fourni aux Dongria leur nourriture matérielle et spirituelle. Perdre leurs terres pour l’ouverture d’une exploitation minière signifierait perdre leurs moyens de subsistance et leur identité en tant que peuple, car la mine détruirait leur forêt et polluerait leurs rivières. _Nous sommes le peuple des montagnes. Si nous allons ailleurs, nous mourrons_, disent-ils.

En octobre 2010 le gouvernement indien a refusé d’accorder à Vedanta l’autorisation définitive d'exploiter la mine de Vedanta, mais l'affaire a cependant été renvoyée en appel.

_Nous les enfants, où irons-nous ? Comment survivrons-nous ?_ a demandé un jeune garçon dongria kondh en imaginant qu'il devrait un jour quitter sa terre natale. _Non, nous n’abandonnerons pas. Nous n’abandonnerons jamais notre montagne !_

(Photo : garçon dongria kondh, Orissa, Inde).

Etre Dongria Kondh signifie vivre dans les collines de Niyamgiri dans l’Etat d’Orissa en Inde. Etre la compagnie britannique Vedanta Resources signifie convoiter un gisement de 2 milliards de dollars de bauxite qui repose sous la montagne que les Dongria vénèrent comme un dieu.

Niyamgiri a toujours fourni aux Dongria leur nourriture matérielle et spirituelle. Perdre leurs terres pour l’ouverture d’une exploitation minière signifierait perdre leurs moyens de subsistance et leur identité en tant que peuple, car la mine détruirait leur forêt et polluerait leurs rivières. Nous sommes le peuple des montagnes. Si nous allons ailleurs, nous mourrons, disent-ils.

En octobre 2010 le gouvernement indien a refusé d’accorder à Vedanta l’autorisation définitive d’exploiter la mine de Vedanta, mais l’affaire a cependant été renvoyée en appel.

Nous les enfants, où irons-nous ? Comment survivrons-nous ? a demandé un jeune garçon dongria kondh en imaginant qu’il devrait un jour quitter sa terre natale. Non, nous n’abandonnerons pas. Nous n’abandonnerons jamais notre montagne !

(Photo : garçon dongria kondh, Orissa, Inde).

© Jason Taylor/Survival

La plupart des peuples autochtones ont une vision de la vie à long terme ; ils tiennent compte dans leurs décisions quotidiennes de la santé future de l’environnement et du bien-être des générations à venir. 

Si l’on veut que la vie des enfants autochtones d’aujourd’hui ne soit pas corrompue par l’oppression, l’exploitation et le racisme, les gouvernements et les compagnies qui violent leurs droits doivent adopter une vision à long terme semblable et voir plus loin que les gains politiques et commerciaux immédiats qu'ils peuvent en retirer.

De récents succès – comme la réouverture du puits des Bushmen au Botswana ou la victoire des Dongria Kondh sur Vedanta en Inde – montrent que les problématiques autochtones sont de plus en plus abordées dans les arènes politiques et culturelles. Mais le chemin qui reste à parcourir est long. Les peuples autochtones sont encore vulnérables, en grande partie parce que leurs terres sont de plus en plus convoitées. Ils ont urgemment besoin que  l'opinion publique mondiale partage les idéaux de Survival en lui prêtant main forte dans le combat obstiné qu'elle livre pour qu’ils soient considérés comme des égaux.

Un monde dans lequel les enfants autochtones seront libres de vivre sur leurs propres terres et de choisir leur propre mode de vie est un droit inaliénable. Et cela commence avec la reconnaissance de deux principes fondamentaux des droits de l’homme : le droit à la terre et à l’autodétermination. 

_Think not forever of yourselves, o Chiefs,_   
_Nor of your own generation_                        
_Think of continuing generations of your families,_
_Think of your grandchildren_
_And those yet unborn,_
_Whose faces are coming from_
_beneath the ground_

_Ne pensez pas toujours à vous, ô chefs,_
_Ni à votre propre génération_
_Pensez à pérenniser les générations de vos familles,_
_Pensez à vos petits enfants_
_Et à ceux qui ne ceux pas encore nés,_
_Ceux dont les visages viennent_
_de sous la terre_

Citation de Peacemaker, Confédération Iroquois, USA.  
(Photo : enfant aborigène jouant, Pitjantjara, Australie)

La plupart des peuples autochtones ont une vision de la vie à long terme ; ils tiennent compte dans leurs décisions quotidiennes de la santé future de l’environnement et du bien-être des générations à venir.

Si l’on veut que la vie des enfants autochtones d’aujourd’hui ne soit pas corrompue par l’oppression, l’exploitation et le racisme, les gouvernements et les compagnies qui violent leurs droits doivent adopter une vision à long terme semblable et voir plus loin que les gains politiques et commerciaux immédiats qu’ils peuvent en retirer.

De récents succès – comme la réouverture du puits des Bushmen au Botswana ou la victoire des Dongria Kondh sur Vedanta en Inde – montrent que les problématiques autochtones sont de plus en plus abordées dans les arènes politiques et culturelles. Mais le chemin qui reste à parcourir est long. Les peuples autochtones sont encore vulnérables, en grande partie parce que leurs terres sont de plus en plus convoitées. Ils ont urgemment besoin que l’opinion publique mondiale partage les idéaux de Survival en lui prêtant main forte dans le combat obstiné qu’elle livre pour qu’ils soient considérés comme des égaux.

Un monde dans lequel les enfants autochtones seront libres de vivre sur leurs propres terres et de choisir leur propre mode de vie est un droit inaliénable. Et cela commence avec la reconnaissance de deux principes fondamentaux des droits de l’homme : le droit à la terre et à l’autodétermination.

Think not forever of yourselves, o Chiefs,
Nor of your own generation
Think of continuing generations of your families,
Think of your grandchildren
And those yet unborn,
Whose faces are coming from
beneath the ground

Ne pensez pas toujours à vous, ô chefs,
Ni à votre propre génération
Pensez à pérenniser les générations de vos familles,
Pensez à vos petits enfants
Et à ceux qui ne ceux pas encore nés,
Ceux dont les visages viennent
de sous la terre

Citation de Peacemaker, Confédération Iroquois, USA.
(Photo : enfant aborigène jouant, Pitjantjara, Australie)

© Alastair McNaughton/www.desertimages.com.au

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