De 'violentes attaques' forcent des Indiens à sortir de leur isolement

Sept Indiens isolés sont entrés en contact avec une communauté asháninka installée près de la frontière Brésil-Pérou en juin. Les autorités les ont traités suite à une épidémie de grippe.

Sept Indiens isolés sont entrés en contact avec une communauté asháninka installée près de la frontière Brésil-Pérou en juin. Les autorités les ont traités suite à une épidémie de grippe.

© FUNAI/Survival

Des Indiens isolés extrêmement vulnérables qui ont récemment émergé de la forêt près de la frontière entre le Brésil et le Pérou ont déclaré qu’ils fuyaient les attaques violentes au Pérou.

La FUNAI, le Département des Affaires indigènes du Brésil, a annoncé que le groupe d’Indiens isolés était retourné dans sa forêt. Il y a trois semaines, 7 Indiens sont entrés en contact de manière pacifique avec une communauté indigène asháninka installée près du rio Envira dans l’Etat d’Acre, au Brésil.

Une équipe médicale du gouvernement a été envoyée et a traité sept Indiens atteints de la grippe. La FUNAI a annoncé qu’elle allait réouvrir un poste de surveillance sur le rio Envira, lequel avait été fermé en 2011 après avoir été envahi par des trafiquants de drogue.

Cette information a été qualifiée d’’extrêmement préoccupante’ par Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, car des épidémies de grippe, à laquelle les Indiens isolés n’ont aucune immunité, ont déjà anéanti des tribus entières par le passé.

Des experts brésiliens estiment que les Indiens, qui appartiennent au groupe linguistique pano, ont traversé la frontière en raison des pressions exercées par les bûcherons illégaux et les trafiquants de drogue sur leurs terres.

Les Indiens isolés subissent des pressions sur leurs terres en raison de lexploitation forestière illégale, du trafic de drogue et de lexploration du gaz et du pétrole (photo prise en 2010).

Les Indiens isolés subissent des pressions sur leurs terres en raison de lexploitation forestière illégale, du trafic de drogue et de lexploration du gaz et du pétrole (photo prise en 2010).

© G. Miranda/FUNAI/Survival

Nixiwaka Yawanawá, un Indien de l’Etat d’Acre, a déclaré : ‘Cette nouvelle prouve que mes semblables isolés sont menacés par la violence et les maladies infectieuses. Nous savons déjà ce qui peut arriver : si les autorités ne prennent pas de mesures pour les protéger ils vont tout simplement disparaître. Ils ont besoin de leur territoire et aussi de temps pour décider quand ils souhaitent entrer en contact et leurs choix doivent être respectés.’

Les Indiens isolés du Pérou font face à de multiples menaces qui compromettent leur survie car le gouvernement a cédé 70% de la forêt amazonienne pour l’exploration du pétrole et du gaz, y compris les terres des Indiens isolés.

Les plans d’expansion du projet de gaz Camisea, situé au coeur de la réserve des Indiens isolés nahua-nanti, ont récemment reçu le feu vert du gouvernement et le géant pétrolier canadien Pacific Rubiales explore sur les terres habitées par la tribu matsé et ses voisins isolés.

Les deux projets entraîneront la présence de centaines d’ouvriers du pétrole et du gaz sur les terres des Indiens isolés, le risque de maladies mortelles et de rencontres violentes, effrayant les animaux que les Indiens chassent pour se nourrir.

Survival a lancé une action urgente à l’attention des gouvernements brésilien et péruvien afin qu’ils protègent le territoire des Indiens isolés et a appelé les autorités à honorer leurs engagements de coopération transfrontalière.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘Cette nouvelle ne pourrait pas être plus inquiétante – non seulement ces Indiens ont confirmé avoir subi de violentes attaques de la part d’étrangers mais ils ont apparemment déjà contracté la grippe. Le cauchemar est qu’ils retournent dans leurs villages emportant la grippe avec eux. C’est un véritable test de la capacité du Brésil à protéger ces groupes vulnérables. A moins qu’un programme médical ne soit mis en place, le résultat sera une catastrophe humanitaire.’