Accaparement de terres au Kenya : un chasseur-cueilleur ogiek assassiné

Stephen Munyereri aurait été assassiné par un colon illégal sous les yeux de la police locale.

Stephen Munyereri aurait été assassiné par un colon illégal sous les yeux de la police locale.

© PRO-HOME

Un homme de la tribu des Ogiek du Kenya a été assassiné dimanche 13 mars. Stephen Munyereri tentait de sauver ce qu’il restait de la maison de son fils après qu’elle ait été détruite par des colons illégaux.

M. Munyereri aurait été abattu à bout portant par un colon, sous les yeux de la police locale. L’assassin présumé aurait été placé sous protection policière.

Les Ogiek vivent dans la forêt de Mau depuis des temps immémoriaux. Ils sont depuis longtemps victimes d’accaparements de terres soutenues par le gouvernement. En 2013, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a ordonné au gouvernement kenyan de mettre fin à son programme d’expulsion des Ogiek. En 2014, les tribunaux kenyan ont ordonné que le territoire ogiek soit reconnu comme tel dès que possible.

Pourtant, cette décision n’a jamais été appliquée et au cours des dernières semaines, plus d’une centaine de familles ogiek auraient fui leurs foyers. Celles-ci, ainsi que leurs biens, auraient été incendiés avec le soutien de la police.

Stephen Munyereri (à gauche) avec son fils entre les décombres de la maison de ce dernier. Cette photographie a été prise quelques minutes avant lassassinat de M. Munyereri.

Stephen Munyereri (à gauche) avec son fils entre les décombres de la maison de ce dernier. Cette photographie a été prise quelques minutes avant lassassinat de M. Munyereri.

© PRO-HOME

Un membre de la tribu ogiek a lancé l’appel suivant : ‘Nous appelons la communauté internationale à nous venir en aide puisque le gouvernement a ignoré la décision de la Cour africaine ainsi que ses propres tribunaux’.

Survival International exhorte les autorités kenyanes à ouvrir immédiatement une enquête indépendante concernant cet assassinat et à reconnaître les droits territoriaux des Ogiek.

Envoyez un mail au gouvernement kenyan pour l’exhorter à agir.