Les Bushmen sont ‘primitifs’ et vivent à ‘l’âge de pierre’ affirme une baronne anglaise

Hier, au cours d'un débat à la Chambre des Lords, la baronne Tonge a qualifié de ‘primitives' les méthodes de chasse des Bushmen du Kalahari au moyen d'arcs et de flèches et a insinué que leur mode de vie relevait de ‘l'âge de pierre'. Elle a dénoncé le procès qu'intentent les Bushmen au gouvernement du Botswana et leurs multiples requêtes destinées à rétablir la vérité sur leur mode de vie que la Haute Cour du Botswana récuse.

La baronne Tonge est l'ex-députée libérale démocrate Jenny Tonge, expulsée des bancs de la Chambre des députés après avoir déclaré qu'elle avait de la ‘sympathie' pour les kamikazes.

Mme Tonge a déclaré que, de concert avec Survival, quelques Bushmen ‘rançonnaient le gouvernement du Botswana' à propos des expulsions de la Réserve naturelle du Kalahari central. En fait, 240 Bushmen, parmi les habitants les plus pauvres du pays, intentent un procès au gouvernement pour les avoir expulsés de leur territoire ancestral. Elle a prétendu que les Bushmen chassaient dans la Réserve au moyen de fusils et de véhicules tout terrain alors que le directeur du Département de la Faune et la Flore a lui-même reconnu devant la Cour qu'aucun élément ne pouvait confirmer cette hypothèse. Elle a également prétendu que la présence des quelques animaux domestiques des Bushmen dégradait l'écosystème de la Réserve, alors que les propres statistiques du gouvernement montrent que la quantité d'animaux sauvages de la Réserve a doublé durant la décennie qui a précédé les expulsions.

En 2002, en compagnie de Lord Jones et d'autres parlementaires britanniques, Mme Longe, guidée par des fonctionnaires gouvernementaux, a consacré une demi-journée à la visite d'un camp gouvernemental où ont été relogés les Bushmen. Lord Pearson, qui faisait partie de la même délégation, a révélé hier soir que De Beers avait financé le voyage des parlementaires, y compris les billets d'avion en première classe. De Beers mène actuellement des opérations d'exploration du territoire des Bushmen à la recherche de diamants.

‘Le but était de nous convaincre, les autres membres du groupe et moi, non seulement de l'excellence du Botswana comme pays, mais également que les Bushmen n'avaient pas été maltraités' a déclaré Lord Pearson. ‘J'avais pris soin d'engager mon propre interprète, je pouvais ainsi comprendre exactement ce que disaient certains des 200 Bushmen récemment relogés de force avec leurs familles dans le camp de New Xade. Je les ai entendus le décrire comme un lieu de mort, où il n'y avait rien à faire sinon boire, se droguer et contracter le sida. Je suis rentré chez moi plus que jamais convaincu qu'une grande injustice avait été commise.'

Lord Jones, qui selon le Mail on Sunday est surnommé ‘Junket Jones' (voyageur Jones) par ses ennemis politiques, plaide régulièrement en faveur de l'expulsion des Bushmen par le gouvernement du Botswana. Il a récemment acquis une luxueuse villa au Botswana dans la résidence de luxe ‘Dolce Vita'. Cette maison est construite sur un terrain appartenant au fils d'un ancien ministre.