Une offensive militaire en Papouasie occidentale fait fuir des milliers de Papous

Ces dernières semaines, un grand nombre de soldats indonésiens, incluant des membres des forces spéciales, ont été déployés dans la région de Punkak Jaya en Papouasie occidentale, provoquant la fuite dans la jungle d’environ 5 000 Papous.

Ce déploiement militaire fait suite à l’assassinat de deux soldats, le 9 décembre dernier, près de la ville de Mulia. L’armée accuse les combattants de l’OPM, l’organisation séparatiste de Papouasie occidentale, mais les militants locaux des droits de l’homme restent sceptiques invoquant le fait que les militaires provoquent fréquemment des conflits dans la province pour justifier leur lucrative présence sur place.

Trop effrayées pour quitter leurs refuges à la recherche de nourriture, les tribus les plus vulnérables risquent de mourir de faim. En 2004, une opération similaire dans les hautes terres avait provoqué la fuite de 6 000 personnes et 23 étaient mortes de faim.

Les militaires soupçonnent et traitent avec brutalité tous ceux qu’ils rencontrent. Durant les opérations militaires, l’accès à la région étant interdit aux organisations de droits de l’homme et aux étrangers, les atrocités qui peuvent s’y commettre restent, la plupart du temps, ignorées du monde extérieur.