Un ex-présentateur de la BBC critiqué pour ses propos diffamants

Un homme dani, Papouasie.
Un homme dani, Papouasie.
© Adrian Arbib/Survival

Michael Buerk, ex-présentateur de la BBC a subi de sévères critiques de la part des Papous après les avoir traités de ‘primitifs’ et prétendu qu’ils tuaient les étrangers.

Un porte-parole de Elsham, la principale organisation de droits de l’homme de Papouasie a déclaré : ‘Je suis surpris qu’un journaliste aussi expérimenté que Michael Buerk puisse avancer des paroles aussi offensantes et totalement fausses. Les gens qui sont habituellement tués en Papouasie sont les Papous et c’est la police et l’armée indonésiennes qui s’en chargent. 100 000 Papous au moins ont déjà été assassinés. Il serait bon que les journalistes parlent de cela plutôt que de régurgiter de vieux clichés racistes.’

Au cours d’un programme radiophonique de la BBC, Buerk a déclaré : ‘Les seules véritables sociétés primitives survivant à l’âge moderne sont les tribus des régions reculées de la Nouvelle Guinée, et lorsqu’elles rencontrent un étranger, elles le tuent.’

Ces propos calomnieux surviennent peu après qu’une ignoble accusation de cannibalisme portée contre une tribu amazonienne eut fait la une des médias du monde entier. Les Indiens de la tribu kulina du Brésil et du Pérou ont été accusés d’avoir tué et mangé un colon blanc. Des spécialistes internationaux de cette tribu ont dénoncé ces accusations les qualifiant de ‘mensongères’ et ‘diffamantes’.

‘Les commentaires de Buerk renforceront l’opinion publique que les peuples indigènes de Papouasie sont incapables de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne leurs terres, leurs ressources naturelles et leurs forêts et que de ce fait, ils ne devraient pas jouir des droits de l’homme comme tout être humain’ poursuit l’organisation Elsham dans son communiqué. ‘Cela renforce l’idée que d’être opprimé et colonisé sous occupation indonésienne est ce qu’il nous faut. Buerk et sa radio devraient plutôt essayer de convaincre le gouvernement britannique de faire pression sur les autorités indonésiennes pour qu’elles ouvrent la Papouasie au monde extérieur. Ce qui signifie autoriser la visite de journalistes. Buerk pourrait alors venir en Papouasie rencontrer des Papous et se faire sa propre opinion de la situation.’

La vision de Buerk des peuples indigènes diffère de celle de nombre de ses collègues britanniques tels que John Simpson, George Monbiot, Sandy Gall, Tim Butcher, John Vidal ou Christine Lamb. Tous ces journalistes soutiennent la campagne ‘Stamp it Out’ de Survival visant à bannir l’usage de termes tels que ‘primitif’ et ‘âge de pierre’ pour qualifier les peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : Michael Buerk fait tout simplement fausse route. Les peuples isolés ou en contacts sporadiques ont de très bonnes raisons de craindre les étrangers qui apportent dans leur sillage la mort et la destruction. La plupart des peuples indigènes savent cela de nos jours, ils l’ont appris de leurs expériences passées et de celles de leurs voisins. Ce qui explique l’hostilité et la crainte qui caractérisent les nouveaux contacts et qui n’ont rien à voir avec le fait d’être ‘primitif’. Il y a bien plus de peuples indigènes tués par des étrangers que le contraire’.

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