Un ouvrage sur la Papouasie occidentale censuré par le gouvernement indonésien

Un homme dani, Papouasie.
Un homme dani, Papouasie.
© Adrian Arbib/Survival

Le gouvernement indonésien vient de censurer un livre sur la répression des droits de l’homme en Papouasie. Le livre du Révérend Socratez Sofyan Yoman, un prêtre papou respecté, fait partie d’une série de cinq ouvrages bannis, une inititative qui témoigne d’un retour au régime autoritaire de Suharto.

Le livre du Révérend Yoman, ‘The Voice of Churches for Suppressed People, Blood and God’s Tears in West Papua’ (La voix des Eglises en faveur des disparus, sang et larmes de Dieu en Papouasie occidentale), a été censuré par le bureau du procureur général indonésien qui a annoncé son intention d’examiner le contenu de 200 autres ouvrages qu’il considère comme trop provocateurs.

Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Patrialis Akbar, a déclaré que son ministère avait qualifié vingt livres de ‘très dangereux pour le public’, et qu’il recommanderait leur censure. Pour justifier cette interdiction, le ministère a également invoqué des ‘motifs provocateurs visant à désintégrer la nation’.

Parmi les ouvrages supposés figurer sur cette liste, se trouvent ‘The Indigenous World 2009’ (Le monde indigène 2009) publié par IWGIA, une ONG danoise, et le texte de la Déclaration des droits des peuples indigènes, en faveur duquel l’Indonésie a voté lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2007.

La Commission des droits de l’homme indonésienne a formulé de sévères critiques contre le gouvernement pour son manque de respect des droits de l’homme en Papouasie. Matius Murib, de la section papoue de la Commission, a affirmé que la criminalisation des civils papous avait augmenté de manière significative en 2009 et que les militants de droits de l’homme avaient été soumis à des contrôles serrés et à une forte intimidation.

Murib a ajouté que le gouvernement déploie des moyens militaires et sécuritaires envers les Papous au lieu de remettre en cause son manque de respect de leurs droits fondamentaux qui pourrait être la cause de leurs revendications séparatistes.