Le pillage de terres en Papouasie condamné aux Nations-Unies

Une femme korowai de Papouasie, territoire occupé par lIndonésie depuis 1963.
Une femme korowai de Papouasie, territoire occupé par lIndonésie depuis 1963.
<p>© Survival</p>

Le programme indonésien de confiscation de 1,6 millions d’hectares de terre destinés à l’agriculture à grande échelle en Papouasie a été condamné par l’organisation pan-indonésienne AMAN, le 23 avril dernier, à New York, au Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.

AMAN a condamné ‘les menaces actuelles et imminentes de violation des droits territoriaux des peuples indigènes en Indonésie, notamment à Bornéo, à Sulawesi, en Papouasie occidentale et à Sumatra’, avec une mention spéciale pour le nouveau projet gouvernemental, ‘Merauke Integrated Food and Energy Estate [MIFEE]’

‘MIFEE est conçu pour développer une production alimentaire intégrée couvrant l’agriculture, l’horticulture et l’élevage sur 1,6 millions d’hectares de forêts de plaines et de marais [mais] les zones affectées [constituent] le territoire Anim-ha, appartenant aux peuples indigènes de Malind’, affirme AMAN.

‘Ce type de programme économique à grande échelle en territoire indigène, qui n’a pas obtenu le consentement libre, préalable et informé des principaux intéressés, ne fera qu’aggraver la situation des droits de l’homme, conduisant à des expulsions forcées et autres violations des droits humains… Cette industrie aura des impacts majeurs sur leurs moyens d’existence en bouleversant l’écosystème et en menaçant leur souveraineté alimentaire.

‘Ce programme alimentaire est censé attirer 6,4 millions de travailleurs migrants à Merauke et en Papouasie… A Merauke, qui ne compte que 174 170 habitants, ce programme menacera gravement les peuples indigènes qui vivent dans ces régions et qui deviendront minoritaires, et pourra même conduire à leur extinction. C’est, si nous pouvons le dire, un génocide structurel et systématique.’

La déclaration d’AMAN se conclut par un certain nombre de requêtes, dont la visite, à Merauke (sud de la Papouasie), du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes et l’ouverture d’une enquête sur MIFEE.

Depuis que la Papouasie a été occupée par l’Indonésie en 1963, les Papous ont subi une violente répression. Les violations continuelles des droits de l’homme par l’’armée indonésienne ont fait des milliers de morts parmi les Papous.