Des rapports dénoncent la situation scandaleuse des Guarani

Deux rapports récemment publiés révèlent que les Indiens guarani du Mato Grosso do Sul au Brésil vivent dans des conditions déplorables qui ne pourront s’améliorer que lorsque leurs terres ancestrales auront été démarquées et officiellement reconnues.

Le premier rapport, publié en avril 2010 par le ministère public brésilien, établit que les Guarani de l’Etat du Mato Grosso do Sul souffrent d’un taux élevé de mortalité infantile et des taux d’homicide et de suicide les plus hauts du Brésil.

Selon le rapport, cette situation résulte des conflits fonciers dus à l’inertie des autorités qui ne reconnaissent pas les droits territoriaux des Indiens et ne respectent pas la législation brésilienne. Nombreux sont les Guarani qui vivent entassés dans de petites réserves ou dans des campements improvisés au bord des routes.

Le rapport énumère les violentes agressions dont sont victimes les communautés guarani, particulièrement à l’occasion de leurs tentatives de réoccupation des terres qui leur ont été spoliées pour y mener des projets agro-industriels ou dans le cadre de programmes gouvernementaux de colonisation.

L’une des attaques qui a eu lieu en septembre 2009 est qualifiée par les auteurs du rapport d’acte de ‘génocide’.

Il mentionne les assassinats de plusieurs Indiens, notamment celui du leader mondialement reconnu Marcos Veron, le présentant comme un exemple de ’l’insécurité chronique des 70 000 Indiens de l’Etat’.

Le second rapport, établi par le Conseil de défense des droits de la personne (CDDPH) du secrétariat gouvernemental des droits de l’homme et remis le mois dernier au ministère de la Justice, dénonce les ‘conditions d’extrême précarité’ dans lesquelles vivent les Guarani.

Il indique qu’ils souffrent du manque de terre, de soins médicaux basiques, de nourriture et d’eau potable, certains enfants étant en état de ‘grave malnutrition’, et qu’ils sont confrontés à un très haut niveau de violence et de discrimination.

Il rend compte de la montée de pathologies dues à l’exposition aux pesticides utilisés par les fermes voisines généralement installées sur leurs terres.

Le rapport appelle la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien, à procéder de toute urgence à la démarcation des territoires guarani et à s’assurer que la police et le ministère public prennent les mesures nécessaires pour lutter contre les cas de discrimination à l’égard des Guarani.

Survival International a protesté auprès du gouvernement brésilien, l’exhortant à appliquer les législations internationales et brésilienne et à reconnaître d’urgence les droits territoriaux des Guarani; elle a également soulevé cette question dans un rapport qu’elle a récemment adressé aux Nations Unies.