Un missionnaire prétend que John Chau ne représentait pas une menace pour les Sentinelles – Survival répond

Lorsque John Allen Chau a décidé de se rendre sur l ile de North Sentinel, il a gravement mis en danger le peuple qui y réside.

Lorsque John Allen Chau a décidé de se rendre sur l ile de North Sentinel, il a gravement mis en danger le peuple qui y réside.

© Survival International

Mary Ho, qui dirige l’agence missionnaire ayant soutenu John Chau, prétend maintenant qu’il ne représentait pas un risque pour le peuple des Sentinelles. Elle dit : « Nous parlons d’une époque différente, nous parlons d’une époque où il y a la médecine moderne, où il y a des antibiotiques. »

Le directeur de Survival International, Stephen Corry, a déclaré aujourd’hui :

« Cela démontre un niveau d’ignorance extraordinaire qui met en évidence pourquoi il est si dangereux pour de telles personnes de se trouver où que ce soit à proximité de peuples non contactés. Il leur a fallu près de deux semaines pour préparer leur réponse, mais jetons un oeil à ce qu’ils affirment réellement.

« Ils disent qu’il avait une formation médicale. En réalité, il était titulaire d’un diplôme en médecine de la santé et des sports et avait apparemment été formé à la médecine d’urgence. Il n’était pas docteur en médecine. Lorsque l’agence gouvernementale brésilienne pour les peuples autochtones (FUNAI) menait des expéditions de “premier contact” dans les années 1970 et 1980, elle était accompagnée de médecins spécialisés. Même eux n’ont pas pu empêcher les nombreuses victimes décédées en raison de maladies, et les expéditions ont été abandonnées.

« Leur chef, Sydney Possuelo, a dit : “Je croyais qu’il serait possible d’entrer en contact sans douleur ni décès et j’ai organisé une des expéditions les mieux équipées que la FUNAI ait jamais eues. J’avais tout préparé. […] J’avais mis en place un système avec des médecins et du personnel infirmier. J’avais fait un stock de médicaments pour combattre les épidémies qui s’ensuivent toujours. J’avais des véhicules, un hélicoptère, des radios et du personnel expérimenté. ‘Je ne laisserai pas un seul Indien mourir’, pensai-je. Et le contact a eu lieu, les maladies sont arrivées, les Indiens sont morts.”

« Les missionnaires disent que Chau, “avait tenté d’obtenir 13 types de vaccins” (italique ajouté par Survival). Nous n’avons aucune idée de ce que cela signifie. Quoiqu’il en soit, il n’existe pas de vaccin contre le rhume, qui est l’un des principaux problèmes pour les peuples non contactés. L’infection virale initiale (contre laquelle les antibiotiques sont inutiles) entraîne généralement des infections secondaires qui se révèlent mortelles.

« Ils disent qu’il s’est “mis en quarantaine pendant de nombreux jours”. Nous ne savons pas à quoi “beaucoup” fait référence. A priori eux non plus, sinon ils auraient donné un chiffre exact. Plus d’une semaine de quarantaine est nécessaire avant une expédition de contact, même dans une situation d’urgence. C’est le minimum. Quoi qu’il en soit, Chau a de toute façon été en contact avec les pêcheurs qui l’ont emmené sur l’île, annulant ainsi les avantages de toute quarantaine qu’il se serait imposée antérieurement.

« John Chau a probablement été tué le 16 novembre. Si des agents pathogènes dont il était porteur ont affecté les Sentinelles, ils se seraient probablement déjà manifestés. Bien sûr, nous ne savons pas comment ils réagiraient s’ils étaient malades. Iraient-ils demander de l’aide sur la plage, auquel cas les autorités indiennes devraient avoir des équipes spécialisées en attente au large ; ou se retireraient-ils simplement dans l’arrière-pays – la deuxième option semblant plus probable –, auquel cas ils seront hors de portée ? Nous ne savons pas et devons attendre.

« Il est facile de réfuter l’idée selon laquelle les fortes hausses de mortalité parmi les peuples récemment contactés appartiennent au passé. De nombreux cas survenus au cours des dernières décennies, en particulier au Brésil et au Pérou, illustrent cela. Par exemple les Nahua, au Pérou, ont vu 50 % de leur population décéder suite au contact dans les années 1980. »