Des experts dénoncent l’aspect ‘mensonger’ et ‘diffamatoire’ de l'accusation de cannibalisme portée sur des indiens d'Amazonie

Des anthropologues spécialistes de la tribu amazonienne récemment accusée d'avoir tué et mangé un colon blanc jettent le doute sur l'authenticité de ces faits. L’affaire a été largement rapportée par les médias du monde entier.

Donald Pollock, directeur du département d'anthropologie de la State University of New York à Buffalo, a affirmé : "Les Kulina n'ont jamais eu aucune expérience ou tradition de cannibalisme, et ont souvent exprimé du dégoût face à cette pratique. Je suis persuadé que l’enquête établira que cette accusation n’a aucun fondement."

Des membres de la tribu kulina (ou culina) ont été accusés d'avoir tué un homme qui, selon les sources, serait soit un étudiant handicapé soit un éleveur de bétail, et d'avoir mangé son cœur et ses cuisses lors d’un "rituel cannibale". Les Kulina vivent dans une région isolée de la forêt amazonienne, au Brésil et au Pérou.

Domingos Silva, anthropologue à l'Université fédérale de Santa Catarina au Brésil, a pour sa part déclaré : "Durant toutes ces années où j'ai travaillé et vécu avec les Kulina, ils n'ont jamais montré aucun signe de cannibalisme."

Daniel Everett, directeur du département des langues, littératures et cultures à l'Illinois State University et auteur du best-seller Don’t sleep, there are snakes (Ne dormez pas, il y a des serpents), a confirmé les allégations de ses collègues : "J'ai travaillé avec tous les groupes de la famille arawan, à laquelle appartiennent les Kulina. Je n’ai jamais entendu parler de cannibalisme chez les Kulina ou chez d’autres groupes arawan."

Il s’avère que les sources d’information de ce prétendu acte de cannibalisme sont limitées à celle du maire du village proche qui a déclaré à la police avoir été informé par un membre de la tribu que le "rituel" avait eu lieu.

Ivar Busatto, coordinateur de l’ONG OPAN, qui a travaillé avec les Kulina pendant des années, a déclaré : "Ces actes ont été attribués aux Indiens sans enquête préalable. Ils sont victimes d’un jugement arbitraire dans le cadre d’une vaste campagne de calomnie dont les raisons sont obscures."

La FUNAI, département des affaires indigènes du gouvernement brésilien, a publié un communiqué indiquant que "la pratique de l'anthropophagie n'existe pas chez les Indiens brésiliens contemporains."

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