De retour d'exil, un leader indien s’en prend à une compagnie pétrolière française

Le leader de lAIDESEP a condamné Perenco pour avoir nié lexistence dIndiens isolés.
Le leader de lAIDESEP a condamné Perenco pour avoir nié lexistence dIndiens isolés.
© AIDESEP

Peu après son retour au Pérou, après onze mois d’exil politique, Alberto Pizango, leader de l’organisation indigène AIDESEP, a porté de lourdes accusations contre la compagnie pétrolière Perenco qui nie l’existence des Indiens isolés dans une région reculée d’Amazonie péruvienne où elle prévoit d’extraire 300 millions de barils et de construire un oléoduc.

Dans une lettre adressée le 3 juin dernier à l’INDEPA, le département des affaires indigènes du gouvernement péruvien, Pizango attire l’attention sur le fait que des recherches anthropologiques indépendantes ont attesté de la présence d’Indiens isolés dans la région. Les résultats de leur enquête ont été confirmés par le gouvernement régional, un institut de recherche réputé et la compagnie pétrolière Barrett Resources qui a précédé Perenco dans la région. La lettre indique également que le gouvernement régional a interdit toute exploitation forestière en raison des impacts potentiels qu’elle pourrait avoir sur les Indiens isolés.

La lettre de Pizango conclut en exhortant l’INDEPA à contraindre Perenco de cesser toute activité dans la région, une demande également formulée par Survival. ‘Les opérations pétrolières mettent la survie des Indiens isolés en danger’ peut-on lire dans la lettre.

Perenco a récemment révélé avoir transporté par hélicoptère ‘plus de 50 000 tonnes de matériel et de produits consommables, soit l’équivalent de sept tours Eiffel’ dans cette région. Tout en niant l’existence des Indiens isolés, la compagnie prévoit, dans le ‘plan d’urgence’ qu’elle a soumis en début d’année au ministère péruvien de l’Energie, de recommander à ses ouvriers de les ‘effrayer et de les repousser’ en cas de contact.

Pizango est retourné au Pérou à la fin du mois de mai, après onze mois d’exil au Nicaragua, où il avait demandé l’asile politique après avoir été tenu responsable du violent conflit qui, le 5 juin 2009, a fait de nombreux morts en Amazonie péruvienne. Il a immédiatement été arrêté à son retour, puis libéré sous caution le jour suivant.

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a déclaré aujourd’hui : ‘Le fait que Pizango fasse pression sur Perenco si peu de temps après son retour tant attendu au Pérou est un signe clair de l’urgence de la situation’.