Inde : Un journaliste harcelé après avoir dénoncé l'exploitation sexuelle des femmes d'une tribu

Les femmes jarawa sont attirées avec de lalcool ou des drogues et sont exploitées sexuellement par des braconniers sur leur territoire.

Les femmes jarawa sont attirées avec de lalcool ou des drogues et sont exploitées sexuellement par des braconniers sur leur territoire.
© Survival

Le journaliste militant Denis Giles a été harcelé par la police des îles Andaman, en Inde, après avoir divulgué un rare témoignage de première main faisant état de l’exploitation sexuelle de femmes jarawa par les braconniers.

Denis Giles est le rédacteur en chef du journal local The Andaman Chronicle_. Depuis la révélation de ce témoignagecontent&view=article&id=4298:exclusive-jarawa-man-speaks-out&catid=49:highlight&Itemid=200, il y a deux semaines, il a été interpellé à six reprises par la police, a été menacé de poursuites pour diffamation et a subi cinq heures d’interrogatoire.

Les braconniers pénètrent illégalement dans la réserve des Jarawa et chassent le gibier dont dépend la tribu pour sa survie. The Andaman Chronicle a été le premier média à diffuser un petit clip vidéo exceptionnel d’un Jarawa rapportant que les braconniers introduisent de l’alcool et de la marijuana dans la tribu pour abuser des femmes.

Denis Giles a fondé l’organisation régionale andamane SEARCH dans le but de soutenir les droits et les intérêts des Jarawa. En 2011, SEARCH s’est associée à la campagne de Survival International visant au boycott de la route principale des îles Andaman qui accueille chaque jour des centaines de touristes au cœur de la réserve jarawa.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘La police andamane s’empresse de persécuter le rapporteur des faits au lieu de poursuivre les braconniers qui ont été dénoncés dans le témoignage du Jarawa pour avoir exploité les femmes de sa tribu. Il est difficile de ne pas interpréter la pression acharnée de la police sur Denis Giles comme une tentative pour empêcher son journal de révéler de tels abus’.