Les tribus andamanes menacées de disparition

Les tribus isolées des îles Andaman qui se sont fait connaître dans les médias pour avoir tiré des flèches sur un hélicoptère les survolant peu après le tsunami du 26 décembre 2004, sont aujourd'hui menacées d'être totalement anéanties par les colons qui envahissent leurs îles.

Ces tribus ont survécu au tsunami malgré le puissant impact de la vague sur leurs îles. Les membres de l'une de ces tribus ont expliqué que, voyant la mer se retirer, ils ont su qu'il leur fallait se réfugier dans les hauteurs.

Les Sentinele sont précisément ceux que l'on a montrés tirant des flèches sur l'hélicoptère, ils résistent à tout contact avec les étrangers qui approchent leur petite île. Ce qui n'est pas le cas des Jarawa qui ne sont que 270 et dont la réserve forestière est envahie par des colons venus du continent indien qui tuent leur gibier, les rendent dépendants de l'alcool et du tabac et violent leurs femmes. La police locale est souvent complice de ces abus.

Peu après le tsunami, un Jarawa avait expliqué à un journaliste : ‘Mon monde est dans la forêt. Le vôtre est à l'extérieur. Nous n'aimons pas les gens de l'extérieur.'

Des ONG indiennes et Survival International craignent que les Jarawa soient totalement anéantis si leur terre n'est pas protégée. L'administration des îles ne tient aucun compte de l'ordre donné par la Cour suprême de fermer la route traversant la terre des Jarawa et ne fait aucun effort pour réprimer les abus de la police.

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd'hui : ‘C'est une tragique ironie de voir ces tribus uniques, dont les liens intimes avec leur environnement leur ont permis de survivre durant 60 000 ans dans les îles Andaman, être aujourd'hui menacées par d'autres êtres humains. Le gouvernement indien doit prendre des mesures d'urgence pour les protéger avant qu'il ne soit trop tard.'

Pour des informations sur les Jarawa, cliquez ici

Pour des informations sur les Sentinele, les Onge et les Grands Andamanais, cliquez ici

Pour plus d'information, appelez Miriam Ross à Londres : (44) (0)7722 527 940
 
Notes aux rédactions :

En dehors des Jarawa et des Sentinele, les autres tribus qui peuplent les îles Andaman sont les Onge et les Grands Andamanais. Ces quatre tribus sont des chasseurs-cueilleurs ‘Négrito' qu'on suppose être arrivés sur ces îles, venant d'Afrique, il y a 60 000 ans.

Les Onge, dont les villages côtiers de Little Andaman ont été sévèrement frappés par le tsunami, se sont régugiés dans les forêts de l'intérieur. Leurs villages sont actuellement en reconstruction avec leur participation, selon un modèle plus approprié à leur mode de vie que les anciens villages qui avaient été établis par le gouvernement.
Les Grands Andamanais, qui ne sont plus que 40, ont été évacués de Strait Island après le tsunami, mais ils y sont retournés depuis.

Dans les îles voisines de Nicobar qui ont durement souffert du tsunami, vivent deux tribus ‘mongoloïdes', les Shompen et les Nicobarais.

Les Shompen, qui sont relativement isolés vivent sur la Grande Ile Nicobar et leur population au dernier recensement s'élevait à 398. Ce sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent principalement dans les forêts intérieures de l'île. Neuf Shompen ont été emportés par le tsunami.

Selon les chiffres officiels, 3 513 habitants des îles Andaman et Nicobar ont perdu la vie durant le tsunami. Les chiffres réels se situent bien au-delà et la plupart des disparus appartenaient à la tribu des Nicobarais. Contrairement aux autres tribus, les 30 000 Nicobarais sont pour la plupart des cultivateurs. Ils vivent principalement sur les côtes. La majorité d'entre eux se sont convertis au christianisme et sont beaucoup plus assimilés que les autres tribus des Andaman et de Nicobar, mais cependant maintiennent encore leur propre culture.