Mesures sans précédent de l’Eglise d’Angleterre vis-à-vis d’une compagnie minière

Le projet minier de Vedanta en Orissa, est extrêmement controversé.
Le projet minier de Vedanta en Orissa, est extrêmement controversé.
<p>© Survival</p>

L’Eglise d’Angleterre vient de prendre une mesure exemplaire en décidant, pour des raisons d’éthique, de retirer ses parts dans la compagnie minière controversée Vedanta Resources, infligeant un sérieux camouflet à sa crédibilité.

L’Eglise a justifié sa décision : ‘Nous désapprouvons le peu de respect dont Vedanta a fait ou fera preuve vis-à-vis des droits de l’homme et des communautés locales que nous étions en droit d’attendre’ ajoutant que maintenir un investissement dans Vedanta ‘serait incompatible avec la politique d’investissement éthique des institutions de l’Eglise’.

La décision de l’Eglise, qui privilégie généralement le ‘dialogue constructif’ plutôt que le désinvestissement, est extrêmement inhabituelle et est le dernier en date d’une série de revers que subit la compagnie. Survival International fait pression depuis plus d’un an sur l’Eglise pour qu’elle retire ses parts de Vedanta.

L’an dernier, dans une intervention similaire, la compagnie FTSE 100 avait été publiquement semoncée par le gouvernement britannique parce qu’elle n’avait pas respecté les droits fondamentaux des Dongria Kondh en Inde. Le gouvernement lui avait signifié qu’un ‘changement de comportement était indispensable’.

Stephen Corry, directeur de Survival International a déclaré aujourd’hui : ‘La décision sans précédent et plus que bienvenue de l’Eglise adresse un message énergique aux compagnies qui méprisent les droits des peuples indigènes : nous ne financerons pas vos abus. Tous ceux qui possèdent des parts dans Vedanta devraient les vendre immédiatement s’ils se soucient des droits de l’homme’.

L’Eglise n’est pas la première organisation à se désinvestir de Vedanta pour des raisons d’éthique. En 2007, le gouvernement norvégien avait cédé ses parts d’un montant de 13 millions de dollars arguant du fait qu’‘il y avait peu de raisons de croire que le comportement inacceptable de la compagnie puisse changer un jour’.

Par ailleurs, la société Martin Currie Investments a cédé en 2008 ses actions d’un montant de 2,3 millions de livres et le Fonds de pension de la major britannique BP a décidé de réduire sa participation dans Vedanta en raison de sa ‘préoccupation concernant le mode opératoire de la compagnie’.

Survival fait actuellement pression sur d’autres actionnaires dont la Fondation Rowntree.