L'attaque d'un navire hôpital met la vie des Indiens en danger

Enfant nukak portant un collier de dents de singes.
Enfant nukak portant un collier de dents de singes.
© Juan Pablo Gutierrez

Des rebelles armés colombiens ont intercepté un navire hôpital utilisé comme centre de soins d’urgence pour les Indiens nukak du sud de l’Amazonie colombienne.

Les Nukak figurent parmi les 35 groupes indiens menacés d’extinction imminente recensés dans le cadre d’une campagne lancée par les Nations-Unies le mois dernier.

L’ONIC, l’organisation nationale des Indiens de Colombie, à qui appartient le navire, a rapporté que trois guérilleros des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) n’ont laissé que vingt minutes au personnel soignant pour quitter le navire en abandonnant tout son matériel médical.

Cette attaque est catastrophique pour les Indiens nukak qui n’ont généralement pas ou peu accès aux soins de santé.

Les Indiens nukak sont nomades et se déplacent régulièrement dans la forêt malgré les dangers que représentent les insurgés de la guérilla. Mais certains d’entre eux se sont réfugiés dans des campements aux périphéries des villes, terrifiés à l’idée de retourner dans leur forêt occupée.

Les FARC et d’autres groupes armés ont pris le contrôle de cette région où la culture clandestine de la coca pour la production de cocaïne est largement répandue.

Mère nukak et son enfant ayant fui la guerre civile colombienne pour s'installer dans une ville proche.

Mère nukak et son enfant ayant fui la guerre civile colombienne pour s'installer dans une ville proche.
© David Hill/Survival

Tous les efforts du gouvernement pour protéger la région ont été infructueux. En juin dernier, l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime a publié un rapport révélant que la production illicite de coca était en forte progression dans les réserves indigènes.

‘Sans l’avoir cherché ni accepté, nous (les Indiens) sommes immergés dans la guerre que se livrent les narcotrafiquants’ a déploré le président de l’ONIC, Luis Andrade.

Peu après l’attaque, l’ONIC a déclaré : ‘L’action des FARC fait accroître les risques de disparition ou de mort pour les Nukak… la victimisation des Indiens qui se trouvent au cœur du conflit et la violation de leurs droits ne font qu’aggraver leur situation en les exposant au danger imminent de disparition physique et culturelle’.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Cette dernière attaque rend la situation des Nukak encore plus critique. Les Indiens de cette région ont été pendant trop longtemps les victimes des tirs croisés des rebelles, des trafiquants et des forces gouvernementales et ne seront protégés que lorsque le gouvernement colombien en aura repris le contrôle’.