Les autorités andamanes connaissaient déjà l'existence des safaris humains.

File de véhicules sur la route Andaman Trunk Road attendant de pénétrer dans la réserve des Jarawa.

File de véhicules sur la route Andaman Trunk Road attendant de pénétrer dans la réserve des Jarawa.
© G Chamberlain/ Survival

Bien que Survival alerte depuis deux ans les autorités andamanes sur l’existence de safaris humains, aucune mesure n’a été prise pour les interdire.

Le 11 janvier 2010, Survival avait écrit au gouverneur des îles, l’avertissant ‘qu’un certain nombre de tour-opérateurs faisaient la promotion d’excursions comprenant des rencontres avec la tribu des Jarawa’.

Survival n’a reçu aucune réponse à sa lettre et aux relances ultérieures, même après avoir appelé, conjointement avec l’organisation locale SEARCH, au boycott de la route Andaman Trunk Road qui traverse la réserve des Jarawa.

En juillet 2011, Survival s’est une nouvelle fois adressée ‘de toute urgence’ aux autorités andamanes pour leur faire part des ‘graves préoccupations de la communauté internationale à l’égard de la situation critique des Jarawa et des dangers du tourisme’, sans qu’à nouveau aucune mesure ne soit prise.

Il y a quatre mois, une plainte a également été déposée par le travailleur social Arvind Rai Sharma, après avoir vu la vidéo promotionnelle d’une compagnie touristique montrant des femmes et des enfants jarawa ‘humiliés devant les touristes’.

Il avait alors déclaré à Survival : ‘J’ai adressé personnellement une lettre aux autorités andamanes et rencontré le directeur du département de la protection des tribus. Mais ils n’ont pas pris ma plainte au sérieux, malgré la gravité du problème’.

Un touriste filme des Jarawa sur la route andamane.

Un touriste filme des Jarawa sur la route andamane.
© Survival

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il est inconcevable que le gouvernement local prenne seulement maintenant conscience de l’ampleur de ces ‘safaris humains’. Survival avait déjà alerté l’administration en 2010. Si les autorités prennent réellement ce problème au sérieux, elles doivent fermer la route conformément à la décision rendue il y a dix ans par la Cour Suprême indienne. C’est la seule solution’.

Lire les lettres que Survival a adressé à l’administration andamane en 2010 et 2011.

Lire la lettre que Arvind Rai Sharma a adressé aux autorités andamanes.