Plus de la moitié des groupes indiens de Colombie sont menacés de disparition

LONIC et la Cour constitutionnelle colombienne déclarent les Nukak en danger © David Hill/Survival
LONIC et la Cour constitutionnelle colombienne déclarent les Nukak en danger © David Hill/Survival

© David Hill/Survival

Selon l’ONIC, l’organisation nationale des Indiens de Colombie, au moins 64 des 102 peuples indigènes de Colombie sont menacés d’extinction.

Telle est la conclusion d’un rapport publié par l’organisation indigène à l’occasion du lancement de sa campagne visant à sensibiliser l’opinion publique internationale à la situation dramatique des Indiens de Colombie.

Les enquêtes menées par l’ONIC établissent que 32 groupes indiens risquent l’extinction alors que la Cour constitutionnelle fait état de 34 groupes menacés. Seuls deux groupes, les Nukak et les Guayabero, sont recensés par les deux organismes, soit un total de 64 groupes en danger.

Selon l’ONIC, dix-huit groupes comprennent moins de 200 membres et dix moins de 100. Les Makaguaje ne sont plus que cinq.

Parmi les causes de cette situation alarmante figurent :

- Le conflit armé interne qui sévit depuis plus de 50 ans et qui affecte les Indiens de ‘manière disproportionnée’. Depuis 2002, plus de 1 400 Indiens ont été tués et on estime que 74 000 ont été expulsés de leurs terres.

- Un ‘modèle de développement économique’ qui ignore le droit des Indiens au consentement libre, préalable et informé et qui les expose à ‘des dangers de plus en plus graves compte-tenu de l’appétit croissant du monde développé pour les ressources naturelles et les matières premières.’ Les menaces répertoriées les plus lourdes sont le pétrole, les barrages hydroélectriques et les plantations de palmiers à huile.

- ‘La pauvreté négligée par l’Etat et la discrimination structurelle.’ Le rapport établit que les Indiens de Colombie sont les citoyens les plus pauvres du pays et dénonce leur manque d’accès aux soins de santé, à l’éducation et aux services basiques.

Les Nukak sont considérés comme le groupe connaissant les plus importants problèmes de santé parmi tous les groupes indigènes de Colombie. Depuis leur premier contact avec le monde extérieur, il y a vingt ans, on estime qu’environ la moitié du groupe a succombé à des maladies respiratoires, au paludisme, à la rougeole et à d’autres maladies et infections.

Le rapport de l’ONIC se termine par une série de recommandations adressées aux autorités colombiennes et internationales et deux cartes répertoriant les 64 peuples menacés d’extinction. Ceux-ci comprennent les Arhuaco, les Kogui, les Embera Katio, les Awá, les Kofán, les U’wa, les Huitoto et les Cuiva.